27 octobre – Comment frimer chez soi ?

Lorsque des amis (occidentaux ou australiens) viennent chez nous, ils ne s’extasient pas sur la (sublime, évidemment) décoration, sur nos magnifiques plantes ou sur les tableaux qui sont au mur. Non… en général, ils s’arrêtent, fascinés, dans l’entrée quand ils aperçoivent notre cuisine…

– Rooooh ! Vous avez un four ! disent ils en se penchant vers celui-ci comme si c’était le Graal.

En effet, à Hong Kong, la cuisine au four n’est pas courante. Et du coup, il est rare que les appartements en soient pourvus. Pour ceux qui ont suffisamment de place, il est possible d’acheter un four portable ressemblant à un micro-ondes, mais ceux ci sont en général petits et ne permettront pas d’y cuire une pizza ou un immense plat de lasagnes.

Bref, nous avons la chance d’avoir un four et ca fait toujours son petit effet !

25 octobre – De l’eau pour les Dieux

Au sein de ce petit temple, perdu dans la campagne vers Kam Tin, deux femmes s’agitent. L’une dépose des fruits sur une assiette tandis que l’autre s’approche des autels avec une grande théière. Je les observe, curieuse. Elles se mettent à m’expliquer joyeusement ce qu’elles font, dans un cantonais teinté de quelques mots d’anglais.

Il est temps de donner à boire aux Dieux, me dit la plus âgée qui se plaint au passage de ses douleurs aux genoux. Deux fois par mois, elles viennent nettoyer les lieux et remplacer l’eau dans les tasses posées devant les statues des Divinités. Si les Dieux de ce temple apprécient l’eau fraîche, ceux dans le temple voisin préfèrent le thé chaud. J’ai très envie de demander comment elles savent… mais mon cantonais ne me permet pas de comprendre la réponse. Le mystère reste donc insoluble !

J’admire les tables richement pourvues. Oranges, pommes, pomelos, biscuits aux cacahuètes, noix de cajou et même barquettes de sushis ou soupe miso, les Dieux ne manqueront de rien. Jusqu’au prochain passage de leurs vaillantes gardiennes.

17 octobre – Vie de pêcheur

Il est environ 21h30. Nous sommes sur un bateau et la nuit est aussi noire que de la suie. Depuis le ponton supérieur, Nicolas et moi observons le village flottant situé juste à côté de nous. C’est une ferme flottante tenue par des pêcheurs, composée de plateformes, de filets et d’enclos marins où sont élevés certaines espèces (j’ignore lesquelles).

Sur un petit ponton en bois, juste en face de nous, se trouvent un chat, quelques plantes, des vêtements qui sèchent, des caisses… et dans le fond un homme qui se repose.

Nous observons sa maisonnette flottante, faite de bric et de broc et je m’interroge : vit il ici ou surveille-t-il simplement quelque chose? A-t-il un pied à terre ? Comment fait il quand il y a des typhons ? Ou en hiver quand les températures chutent aux alentours de 10-12 degrés ?

Le mystère reste entier et je reste fascinée par ces vies en proie aux éléments.

05 octobre – Baume du Tigre

Je suis avec une amie japonaise qui ne se sent pas bien.

– Attends, lui dis-je. J’ai quelque chose pour t’aider.

Je sors alors de mon sac un petit pot de baume du Tigre que je lui tends. Les Hongkongais autour de moi ouvrent des yeux ébahis et sont encore plus surpris quand je leur explique que pour moi, c’est un remède lié à l’enfance. Ma maman nous soignait toujours avec du baume du Tigre, même au fin fond de nos montagnes suisses.

Ils me regardent, estomaqués. Le baume du Tigre est en effet un classique de la pharmacopée chinoise. Développé par un herboriste birman – si je ne m’abuse – le produit a été tout d’abord commercialisé à Singapour avant de s’étendre à l’Asie. A Hong Kong, le baume du Tigre est un incontournable. Aw Boon Par, le créateur de l’onguent, y avait d’ailleurs un manoir avec un jardin incroyable appelé le Jardin du Baume du Tigre dans lequel se tenaient des pagodes et des sculptures. Et aujourd’hui encore, toutes les pharmacies de la ville contiennent des rayons entiers proposant ce produit sous toutes ses formes.

Mes Hongkongais tombent donc des nues en apprenant que dans mon petit village helvétique, nous soignons toux, rhumes et maux de tête avec leur fameux baume. Et je les comprends… j’aurais fait la même tête s’ils m’avaient dit utiliser du Carmol !

01 octobre – Câlins et câlinades !

On a tendance à croire, en Europe, que les Asiatiques sont discrets… qu’ils ne se touchent pas et se saluent d’un hochement de tête sobre et discret. Les clichés ont la vie dure.

Je ne connais pas les coutumes de tous les pays d’Asie mais je sais qu’elles changent d’un pays, voire d’une région à l’autre… tout comme les Italiens, les Allemands, les Espagnols, les Suisses allemands ou romands auront des spécificités propres à leur pays et leur langue.

A Hong Kong, si la bise n’existe pas et si on se salue d’un signe de tête, j’observe néanmoins que les gens sont câlins et tactiles.

Les couples se tiennent par la main, se blottissent l’un contre l’autre dans les escalators, se serrent dans le métro… les papas et les mamans câlinent tendrement leurs enfants… les ados peuvent se balader dans la rue en tenant la main de leur maman ou grand maman… et mes amis m’ont plusieurs fois fait des hugs (étreintes) très enthousiastes ou m’ont pris le bras pour se balader dans la rue ! Par contre, je n’ai jamais vu personne s’embrasser à pleine bouche… mais bon, cela fait presque 2 ans que nous vivons avec un masque sur le nez.

Moi je les trouve touchants et beaux, les Hongkongais qui s’aiment !