07 septembre – Dangerous hot pot

Samedi dernier, alors que je mange dans un hot pot avec des amis, je saisis une feuille de tofu (appelée tofu skin dans le jargon) que je trempe dans le bouillon.

En attendant qu’elle cuise, je tourne les yeux sur la salle. L’endroit est typique : tout est en chinois. On y mange sur de grandes tables dans lesquelles sont insérées une plaque électrique. Des réchauds frémissent aux quatre coins de la salle. Nous avons commandé des boulettes de poisson, des tranches de viande de la salade, du tofu, des champignons, etc. que nous mettons uns à uns dans le bouillon. Une patte de poulet flotte au milieu du mélange.

La cruelle peau de tofu

Derrière moi, une grande TV passe les résultats du Loto. Des clients boivent bruyamment de grandes bouteilles de bière.

Une fois ma feuille de tofu prête, je ne réfléchis pas une seconde. Je la porte immédiatement à ma bouche. Mais elle est si chaude que je me brûle.

4 jours plus tard, une charmante petite croûte orne ma lèvre…

Entre ça et mes jambes bleues et griffées, c’est la semaine du glamour.

28 mars – Haute sécurité

Ce matin, j’ai rendez-vous chez le médecin. Oh, rien de grave. Un petit contrôle de routine.

Pour accéder au bâtiment, un scan est obligatoire. Deux hommes m’escortent jusqu’aux ascenseurs et appuient sur les boutons à ma place.

Ensuite je passe un premier SAS de sécurité où je passe un interrogatoire en règle. Ai-je eu de la fièvre? Ai-je été dans un bâtiment au sein duquel quelqu’un de malade s’est rendu ? Ai-je toussé une fois les 14 derniers jours ? Ai-je voyagé (question rhétorique… si je l’avais fait, je serais actuellement en quarantaine)? Etc. Etc.

Je suis alors menée à un long couloir dans lequel plusieurs chaises sont posées à 1m50 de distance l’une de l’autre. Je dois attendre mon tour pour aller faire un autotest Covid.

On m’escorte jusqu’aux toilettes. La partie de plaisir commence. Grattage de nez… etc. Il faut alors glisser son test dans un sac fermé sur lequel un logo Attention radioactivité, donne le ton. Je reviens alors dans le couloir où je patiente 20 minutes, le temps que le test soit validé (en stressant un petit peu quand même). Et une fois ceci fait, je peux accéder à la salle d’attente !

L’avantage c’est que ça me fait voyager par la pensée. J’ai l’impression de me retrouver à Genève, prête à aller visiter les bâtiments de l’ONU. Je me sens du coup presque en vacances !

16 décembre – Effraction

La semaine dernière, j’avais rendez-vous dans un bloc d’immeubles pour ma répétition de théâtre. Faisant confiance à Google maps, j’ai fait le code de la porte, ai pris l’ascenseur… puis, arrivée au bon étage, j’ai simplement poussé la porte de l’appartement où je devais retrouver la troupe.

En pénétrant dans la pièce principale, je me figeais. Ca ne ressemblait pas du tout à l’endroit habituel. Un magnifique meuble chinois se tenait sur la droite, recouvert de vases antiques. Face à moi un joli canapé.

Soudain, un chien a bondi devant moi, surexcité. C’était un tout petit chihuahua qui aboyait comme un dingue.

Là, sans réfléchir j’ai pris mes jambes à mon cou (j’ai une trouille irrationnelle des chiens). J’ai bondi dans l’ascenseur, suis redescendue en trombe dans le hall, ai regardé mon téléphone sans comprendre, pour vérifier l’adresse.

Je me suis trompée de bloc. Je suis entrée dans le bloc C au lieu du A et j’ai donc pénétré chez des inconnus!

02 décembre – Suisse? Ouhlala!!!

Hier, je suis allée manger avec mon amie Chrissy. Alors que je passe la commande en cantonais, le serveur est amusé et me demande d’où je viens :

– Ngo hai Seuysi yan. Je suis Suisse, lui dis-je, toujours une petite pointe de chauvinisme dans la voix.

Alors qu’habituellement, les gens poussent des petits cris enthousiastes quand j’annonce ma nationalité (et me parlent ensuite de montagnes, de chocolat et de beaux paysages…), l’homme pousse un cri horrifié.

– La Suiiiiisse. Mais c’est terrible là bas. Il y a énormément de cas de Covid. C’est vraiment très très mauvais…!

Il fait un pas en arrière et le reste du repas, me sert de manière méfiante, du bout des doigts.