16 décembre – Effraction

La semaine dernière, j’avais rendez-vous dans un bloc d’immeubles pour ma répétition de théâtre. Faisant confiance à Google maps, j’ai fait le code de la porte, ai pris l’ascenseur… puis, arrivée au bon étage, j’ai simplement poussé la porte de l’appartement où je devais retrouver la troupe.

En pénétrant dans la pièce principale, je me figeais. Ca ne ressemblait pas du tout à l’endroit habituel. Un magnifique meuble chinois se tenait sur la droite, recouvert de vases antiques. Face à moi un joli canapé.

Soudain, un chien a bondi devant moi, surexcité. C’était un tout petit chihuahua qui aboyait comme un dingue.

Là, sans réfléchir j’ai pris mes jambes à mon cou (j’ai une trouille irrationnelle des chiens). J’ai bondi dans l’ascenseur, suis redescendue en trombe dans le hall, ai regardé mon téléphone sans comprendre, pour vérifier l’adresse.

Je me suis trompée de bloc. Je suis entrée dans le bloc C au lieu du A et j’ai donc pénétré chez des inconnus!

02 décembre – Suisse? Ouhlala!!!

Hier, je suis allée manger avec mon amie Chrissy. Alors que je passe la commande en cantonais, le serveur est amusé et me demande d’où je viens :

– Ngo hai Seuysi yan. Je suis Suisse, lui dis-je, toujours une petite pointe de chauvinisme dans la voix.

Alors qu’habituellement, les gens poussent des petits cris enthousiastes quand j’annonce ma nationalité (et me parlent ensuite de montagnes, de chocolat et de beaux paysages…), l’homme pousse un cri horrifié.

– La Suiiiiisse. Mais c’est terrible là bas. Il y a énormément de cas de Covid. C’est vraiment très très mauvais…!

Il fait un pas en arrière et le reste du repas, me sert de manière méfiante, du bout des doigts.

20 octobre – Un peu de dessert ?

Alors que nous mangeons dans un restaurant avec nos amis Jordan et Kelly (les fameux cuistots déglingos, rien de moins…), Jordan lève le doigt pour appeler le serveur. Il se laisserait bien tenter par un petit dessert. Le serveur le regarde et de but en blanc nous dit :

– Non, franchement… je ne vous le recommande pas. Ils ne sont pas bons.

Nous éclatons de rire.

Les desserts ne sont peut-être pas recommandables mais la franchise du personnel, quant à elle, gagne la palme !

20 août – Un entracte olé olé

Ce soir, nous sommes allés manger avec un couple d’amis.

Alors que je leur explique comment j’ai fait pour aller à l’opéra cantonais et comprendre l’intrigue sans sous titres… un silence s’abat sur notre petit groupe suivi par un immense éclat de rires.

Au lieu de dire :

– During the intermission, I read a summary of the upcoming act… and ask my friends details about it. (Ce qui signifie : Durant l’entracte, j’ai lu un résumé de l’acte à venir… et j’ai demandé des précisions à ma copine le concernant).

J’ai dit :

– During the intercourse, I read a summary of the upcoming act… and ask my friends details about it.

Intercourse signifie « rapport sexuel » en anglais…

La solitude de ceux qui ne parlent pas leur langue maternelle !

10 août – L’heure kafkaïenne

Le soir, en rentrant à la maison, la tentation est grande de lever les yeux vers le ciel, de regarder les néons clignotants, les boutiques illuminées et les buildings.

Pourtant, quitter des yeux le trottoir est une erreur de débutant. Dès que la nuit tombe, les cafards se joignent aux badauds et batifolent entre les pieds pressés.

Ils sont généralement gros… de la taille d’une pièce de cinq francs environ, et ils sont vifs. Ils surgissent sans qu’on s’y attende. Et il ne faut surtout pas les écraser… non ! Déjà parce que ça fait un bruit dégoûtant… mais surtout parce que si on écrase une cafarde pleine d’oeufs, ceux ci se colleront sous vos chaussures et écloront dans le confort de votre meuble à chaussures. Une très très mauvaise idée.