30 novembre – La Gentillesse

Je rentre à la maison, les bras chargés de sacs en tous genres. Soudain, une femme me tape sur l’épaule. Elle est jeune, a un air doux.

– Votre lacet est défait.

Je baisse les yeux. Elle a raison. Je déplace un sac sur une hanche mais je galère un peu. Et là, sans rien me demander, elle saisit un de mes paquets.

– Prenez votre temps, me dit elle.

Je rattache ma chaussure, récupère mes affaires et elle file, sans que j’aie même le temps de la remercier. Je la regarde s’éloigner avec sa robe rouge et ses longs cheveux noirs qui caracolent sur sa nuque.

Je crois que j’ai rencontré la Gentillesse.

22 novembre – Funiculaire

Nous sommes serrés dans la salle d’attente. La foule est fébrile. Elle patiente, tournée d’un seul côté ! Le Peak tram va arriver !

Soudain, il nous fait face. Il ne ressemble plus à celui qui a été construit en 1888 mais il est beau, tout fait de verre et de bois. Il s’arrête sur le quai, les gens poussent, impatients. Nous y grimpons en dernier et je me colle contre une fenêtre. Les gens sont heureux et cela fait plaisir.

Il faut dire que le tram est une institution. A l’époque, avant sa construction, le Peak Victoria n’était accessible qu’en chaises à porteur… rendant son accès limité ! Le funiculaire a démocratisé l’accès à la célèbre montagne, lui permettant de devenir le Ouchy de Hong Kong, soit le lieu des promenades du dimanche.

Quand le tram se met en branle, je me retrouve plaquée contre la paroi. Ca monte à pic – c’est le cas de le dire. Autour de nous, la végétation se déploie. C’est très beau. Puis, nous apercevons les immeubles qui défigurent l’arrivée du tram et nous y voilà… prêts à faire le tour du Peak, à admirer les points de vue et les superbes arbres qui y résident.

15 novembre – Moustiques

Les moustiques de Hong Kong ont une particularité : ils n’aiment que mes chevilles. Peu importe si je porte une jupe, un jeans ou des baskets, c’est toujours sur mes pieds qu’ils se concentrent.

Ce matin, j’ai donc au bas mot 45 piqûres disséminées entre le talon, la cheville et la malléole ! (J’ai compté!).

Mes jambes seraient rejetées net par Madame de Fontenay si elles les voyaient. Elles sont enflées, pleines de croûtes à force de gratter et se couvriront bientôt de marques violacées… car les morsures des bébêtes ne s’en vont pas tout simplement, non. Ce serait trop simple.

9 novembre – Offrande

Sur la Bowen Road, se tient une petite statue dorée. Alors que je m’en approche, je suis frappée par l’odeur d’encens. Elle est en effet encerclée de dizaines de bâtons qui fument. L’odeur est enivrante et le vent sème les parfums aux alentours. Des noix de coco, des fleurs et des fruits frais sont également disposés sur son piédestal.

Soudain, un couple s’approche. Ils tiennent dans leur main un gâteau à la crème recouvert de fruits confits. La pâtisserie est sublime et vient d’une boulangerie réputée. La femme sort un couteau et une assiette et en coupe deux belles tranches. Elle s’approche alors de la statue et les pose devant elle.

L’offrande est gourmande… Ils s’asseyent alors face à la statue et mangent le reste du gâteau en observant leur divinité.

06 novembre – Célébration Sikh

En face de chez nous, se dresse fièrement le temple Sikh avec son toit en boutons blancs et ses gravures qui s’illuminent le soir. Le bâtiment est superbe et j’aime m’arrêter pour le regarder.

Ce matin, il est en fête. Sur ses flancs, une foule en liesse portant des parapluies colorés, des vêtements qui scintillent et chantant sur une musique entêtante. A l’arrière du cortège, des hommes tapent sur des tambours et quelques élus portent une grande toile blanche.

Je cherche sur Internet – quelle invention merveilleuse, ceci dit. Dans deux jours, ce sera l’anniversaire de Guru Nanak Dev Ji Gurpurab, le fondateur du Sikhisme… et 48 heures avant sa célébration commence l’Akhand Path, une récitation ininterrompue du livre saint des Sikhs, de son début jusqu’à la fin… ce qui prend normalement 48 heures sans interruption !

C’est beau.