21 septembre – C’est le festival de la mi-automne

Dans les rues, les enfants portent des jolies lanternes… Les entreprises ferment à 16h… Les magasins sont pleins, tout le monde va acheter ses mooncakes et à midi, lorsque j’ai traversé le marché, celui-ci grouillait. Vite, vite, il fallait s’acheter un lampion avant le soir. Et – comme à Pâques chez nous – le lapin est à l’honneur. Il décore vitrines, ruelles… c’est le roi de la fête.

La légende de ce lapin est tout de même un peu étrange :

Il était une fois un renard, un lapin et un singe qui vivaient tranquillement dans une forêt. Un beau jour, alors que trois immortels, se faisant passer pour de vieux mendiants, la traversèrent, ils s’arrêtèrent vers les animaux pour leur demander de la nourriture. Le renard et le singe leur proposèrent rapidement de la nourriture… mais le lapin, qui n’avait rien mais était très pieux et généreux, se sentit coupable. Il dit alors aux trois hommes : « Je suis vraiment désolé. Je ne peux pas vous offrir de nourriture pour vous aider, mais je peux me donner à la place. » A ces mots, la jolie petite bête sauta dans le feu.

Émus par le sacrifice du lapin, les trois immortels décidèrent alors de le transformer lui aussi en immortel, l’envoyant vivre dans le Palace Lunaire, avec la déesse Chang E (qui elle-même avait fini dans la lune suite à une tragique histoire...). Et si vous regardez attentivement la lune, vous verrez une forme de lapin se dessiner!

Depuis, le lapin est l’une des décorations du festival de la mi-automne!

20 septembre – Le fumet du tofu fermenté

Lorsqu’on se balade près de Yau Mai Tei, une odeur désagréable viendra certainement chatouiller vos papilles… Problème de canalisations ? Egouts à ciel ouvert ?

Non… c’est simplement le stinky tofu, une spécialisé à base de tofu fermenté qui a une odeur plutôt discutable.

En cantonais, on l’appelle Cau3 dou6 fu6. Ce sont des cubes de tofu, plutôt fermes, qu’on mange sur les stands de vente à l’extérieur. On le mange généralement frit, piqué sur un bâtonnet avec une petite sauce piquante…  et c’est vraiment un met prisé lors des festivals, par exemple.

J’ai goûté – et si personnellement l’odeur reste un challenge – ce n’est pas mauvais.

J’imagine que les touristes en visite en Suisse peuvent avoir la même réaction que moi face au stinky tofu – en sentant de la fondue. Un plat désagréable pour le nez mais finalement, délicieux.

15 septembre – Un air de Noël

Un air de Noël plane sur la ville. Les ruelles et les magasins se parent de lanternes rouges, de lapins dorés et de lumignons pour le Festival de la Mi-Automne qui approche à grands pas. Les vitrines se remplissent des mooncakes. Les parcs sont décorés. Les gens semblent fébriles et font leurs courses avant le jour J. On attend avec impatience le jour férié de la semaine prochaine et le programme des festivités.

Bref… hier, en rentrant à la maison, j’avais le sentiment que Noël approchait, malgré les 30° extérieurs… et j’ai eu presque envie de boire un thé à la cannelle en regardant pour la 47ème le film The Holiday, planquée sous la couette.

13 septembre – Porpita porpita

La semaine dernière, en nous baladant sur la plage, je découvre d’étrange petites choses bleues posées sur le sable. Est-ce un fruit ? Cela ressemble en effet à un ramboutan coupé en deux… Je me penche. Puis, j’en aperçois des dizaines couchés sur le sable. Curieuse, je les prends en photo avant de demander à mon ami Yan s’il connaît ces étranges créatures. Yan est un ami d’origine macanaise qui connaît toutes les montagnes, tous les animaux et toutes les fleurs qui peuplent Hong Kong.

Le verdict est sans appel : c’est un Porpita porpita, ou blue button, en anglais… soit une petite créature marine se situant entre la méduse et la flottille. L’animal vit habituellement dans les mers tropicales et subtropicales — de l’Océan Pacifique à l’Océan Indien en passant par la mer Méditerranée. C’est un voyageur en somme.

Si je crois ce que je trouve sur Internet, il semblerait que cet organisme se déplace en flottant à la surface de la mer et se compose de deux parties : le flotteur et une colonie d’hydroïdes, qui contiendraient des pores capables de communiquer avec ses congénères. Il serait hermaphrodite et aurait une bouche multitâche, située sous son flotteur… qui permettrait de manger — notamment des larves de crustacés — et d’expulser ses déchets.

La bestiole n’est pas mortelle — mais comme toute méduse — elle provoque de légères irritations de la peau. J’ai donc abandonné tout projet de baignade, et je me suis contentée d’admirer ces jolis boutons bleus qui décoraient la plage.

La nature est magnifique !

11 septembre – Visite nocturne

Lorsque nous poussons la porte de notre logement à Cheung Chau, Nicolas et moi sommes pris à la gorge par une odeur d’humidité plutôt intense. Le genre d’odeur âcre et mouillée très désagréable. En gros, ça pue.

En bons spécialistes de l’assainissement de logement, nous analysons la situation : le problème c’est l’aération. Nous ouvrons donc grand les fenêtres et partons nous promener. Lorsqu’on revient, nous sommes satisfaits. L’odeur est toujours là mais elle est plus légère. Nous fermons la fenêtre et nous mettons au lit.

Tout à coup, alors que je lis tranquillement, une énorme bête me tombe sur le ventre. Je hurle, saute du lit… agite les bras. Cette réaction n’est d’aucune utilité… le monstrueux cafard – gros comme une pièce de 5 CHF – file sur le mur.

Armé d’une tong, Nicolas se met en chasse tandis que – mes compétences de guerrière branchées au maximum – je sautille comme une idiote dans la chambre avec un papier toilette dans la main. Le monstre file sous le matelas. Nous le retournons, mais le cafard se glisse derrière la porte de la salle de bain. Il a d’immenses antennes et se déplace vite. Nicolas le touche une première fois mais la bête se relève et nous fait face, pattes dressées (oui, là, j’exagère un peu, mais on y croit, non?).

Bref, après un combat épique, nous gagnons enfin la bataille mais j’ai du mal à retourner au lit. Et si son petit frère, sa femme et son cousin se cachaient aussi au-dessus de ma tête ? Je m’endors mais mon sommeil reste léger.

Entre l’humidité et les visiteurs nocturnes, mon cœur balance et je comprends donc finalement pourquoi on n’aère pas forcément quand on vit sur une île tropicale.