28 janvier – Tout pour des chaussures

En sortant de chez mon amie C., je suis choquée. La rue est pleine de gens qui dorment dehors. Des personnes de tout âge… adolescents, petites mamies, adultes sont enroulés dans des sacs de couchage à même la rue. Ce n’est pas habituel et Nicolas et moi nous demandons vraiment ce qui a pu arriver à ces pauvres gens.

Le lendemain, j’en parle avec C qui me dit :

– Non, mais c’est à cause du magasin Nike Lab.

La boutique vend des produits très spécifiques. L’offre change régulièrement et tout est limité. Du coup, en fonction des produits proposés le lendemain, les gens dorment dehors pour être les premiers à les acheter!

– En fonction des modèles qui seront mis en vente, la queue est plus ou moins longue, continue C. Quand certains commencent à camper avant minuit, c’est que les modèles attendus sont ultra prisés ! Et il y a tout un commerce là autour puisque tu peux même payer quelqu’un pour faire la queue à ta place.

Le lendemain, à l’ouverture de la boutique, c’est la cohue. Certains achètent des produits, puis vont s’asseoir sur le trottoir d’en face pour revendre les paires immédiatement… (car la politique du magasin n’autorise qu’un certain nombre d’achats par personne).

… La société de consommation a encore de beaux jours devant elle !

25 janvier – La dame aux chats

En m’approchant de la berge, je l’aperçois. Elle est petite, les cheveux courts et blancs cachés sous un chapeau… et des lunettes de soleil crochés sur son masque.

Elle a accroché un sac à la rambarde. Dedans se trouve tout son attirail : une corde avec un crochet, plusieurs bouteilles d’eau, quelques conserves de thon et des croquettes.

En contrebas, les rochers. Les chats sont à l’affût. Ils savent qu’elle est là.

Avec son crochet, elle récupère les écuelles posées deux mètres en dessous. Ce sont de petits bacs en plastique auxquels elle a croché une lanière. Elle s’arme de patience, remonte les récipients. Les remplit avant de les redescendre aux matous affamés.

– Vous faites ça souvent?, je lui demande.

Elle me fait un sourire et se met à parler avec joie. Oui, cinq jours par semaine. Elle s’occupe de « ses » chats.

Je regarde les animaux qui se lèchent les pattes devant la baie Victoria. Ils sont bien soignés !

24 janvier – Portes ouvertes à la boutique…

Nicolas et moi marchons dans Fo Tan. Il bruine. Nous sommes les seuls Occidentaux à la ronde.

Alors que nous passons devant une dame poussant un chariot recouvert de cartons, celle ci me regarde et me fait un large sourire. Je lui souris en retour en hochant la tête, toute contente.

Mon côté optimiste se dit qu’il se passe quelque chose entre nous… une onde d’amitié transcendant tout… !

Elle s’approche de moi. Je lui souris encore. Dans un mélange d’anglais, de cantonais et de mime, elle me dit alors :

– Excusez moi. Votre braguette est grande ouverte !

Voilà voilà !

20 janvier – Un quartier humide et puant…

Hier, une copine de notre cours d’impro nous a fait connaître le site Hoodmaps, une carte plutôt rigolote qui référence les quartiers des (grandes) villes du monde selon leurs habitants.

Le quartier est il peuplé de gens en costumes, de riches, de hipsters, de touristes (hors covid je présume), d’étudiants ou de gens normaux?

Puis, elle donne alors des petits surnoms aux quartiers qui sont plutôt rigolos et sans concessions.

Le quartier des piers s’appelle par exemple : le coin des expats ivres sortant de jonques. Sheung Wan s’appelle : Les Français sont partout… tandis que Tsim Sha Tsui s’appelle Copy watches.

Nous, nous habitons dans un quartier au surnom plutôt charmant : humide et puant ! Ce qui en soi est assez vrai avec le marché à proximité ! Ca a eu le mérite de me faire bien rire !

18 janvier – La danse des perroquets

Dimanche, alors que nous marchons dans Tsim Sha Tsui, des cris stridents attirent nos regards vers le ciel.

Sur un arbre surplombant la route, une famille de 4 perroquets batifolent gaiement. Ils hurlent, sautillent, sortent d’un trou dans le tronc et se querellent.

Nous ne sommes pas les seuls à nous arrêter. Tous les passants, subjugués, admirent les volatiles aux longues plumes vertes et bleues, le nez en l’air.

Sans le savoir, ces perroquets interrompent quelques secondes la frénésie incessante de cette ville sans repos.