15 août – Note d’étonnements

Revenir à Hong Kong est désormais quelque chose de familier… et pourtant, après presque trois mois en Suisse, voici les choses qui m’ont frappées en posant le pied dehors hier :

Avec la canicule en Europe, la chaleur hongkongaise ne m’a pas assommée comme les fois précédentes. Je la trouve au contraire bien agréable avec son humidité qui se glisse autour de nos corps !

Les Hongkongais aiment la climatisation. Vraiment. Je manque de faire un choc thermique en rentrant dans le métro.

En montant des escaliers, un homme remonte d’un seul coup son t-shirt, jusqu’au dessus de ses tétons. Je sursaute. Que fait-il ? Il le noue alors et ca me revient : alors qu’en Europe, ce sont les jeunes filles qui s’aèrent le ventre quand il fait trop chaud, ici, ce sont les hommes de cinquante ans et plus qui le font.

Hong Kong est vraiment un port aux parfums. Par contre, l’odeur enivrante des bois pour encens s’est évaporée depuis longtemps. Grillades, riz sauté, nouilles et mets délicieux : c’est la nourriture qui sent très bon ici !

Mon dieu, la foule. Après avoir tâté des dimanches « noirs de monde » au Bouveret ou sur les quais de Vevey, je suis frappée… le concept de rues bondées n’a pas véritablement la même signification !

Après la sécheresse suisse, c’est bon de revoir de la végétation verte. Vivement qu’il pleuve en Europe.

22 juillet – Délai inattendu

Ce matin, j’aurais dû vous écrire après notre première nuit en quarantaine. Nous aurions dû arriver à Hong Kong hier… et en ce moment précis, j’aurais dû batailler avec un jetlag retentissant. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. En effet, Nicolas a testé positif au Covid samedi dernier et le fameux petit virus a contrecarré nos plans de retour.

Dans l’urgence… et alors que Nicolas grelottait sous deux duvets… il a fallu lancer l’opération « annulation ». Sans test PCR négatif, impossible d’embarquer, Hong Kong étant toujours en politique zéro Covid. Nous avons donc annulé le vol de retour et l’hôtel de quarantaine.

Désormais, les grandes réflexions arrivent : quand réserver un vol de retour sans savoir combien de temps il testera positif et sans savoir si je vais tomber malade à mon tour? Avec la difficulté supplémentaire des pénuries de chambres de quarantaine dûes aux voyages estivaux…

Bref, pour le moment, notre date de retour rime donc avec un immense point d’interrogation. Affaire à suivre…

06 juin – Masques et cie

Je suis assise dans le train. Autour de moi, des dizaines de visages dénudés. Et il y a moi, seule avec mon masque.

Si le porter était une chose simple et évidente à Hong Kong, qui ne m’a jamais posé de problème ni d’inconfort, le faire en Suisse est une expérience bien différente. Il faut admettre qu’on s’habitue à déambuler le nez au vent. Et puis, à chaque fois que je sors mon rectangle de papier, il y a ces regards qui, sans se vouloir méchants ou désagréables, en disent long.

Pourtant, même si je vois mes amis ou que je fais mes dédicaces le nez dénudé, je tiens à mon masque dans le train. C’est un petit rappel silencieux que je m’impose. Oui, le Covid existe encore. Oui, certaines personnes ne pourront jamais entrer dans des lieux publics avec ce luxe de pouvoir respirer à pleins poumons. Et surtout oui… il va falloir reprendre un jour ces habitudes et sortir masqué, peu importe que l’on soit seul au milieu d’un parc ou serré dans un métro bondé.

Mon masque du jour, avec sa corolle fleurie

20 mai – Petites différences

En Suisse, les gens ne marchent pas en regardant leurs téléphones. A Hong Kong, ils zigzaguent les yeux collés sur leurs écrans.

A Hong Kong, les gens se collent sur le côté dans les escalators, laissant les gens pressés passer sur leur gauche. En Suisse, les gens montent deux à deux les escaliers créant des embouteillages monstres.

En Suisse, la nuit tombe très tard. A Hong Kong, à 18h il fait déjà nuit.

A Hong Kong, il y a des bruits aux feux rouges permettant de savoir quand passer même sans regarder. En Suisse, le passage aux feux est silencieux… et je m’interroge : comment font les aveugles ?

En Suisse, les supermarchés comprennent 100 sortes de yogourts différents. A Hong Kong, le rayon des nouilles comprend 100 sortes différentes.

En Suisse, les gens mangent partout. Dans le train, sur les quais, dans le parc, au resto, sur les bancs… à Hong Kong, les gens mangent tout le temps… mais toujours au resto.

En Suisse, les gens te fixent beaucoup. Même quand ils ne te connaissent pas. Et je passe ma journée à flipper en imaginant que j’ai de la salade sur les dents ou un truc de bizarre sur le t-shirt. À Hong Kong, les gens ne te regardent pas. Même si tu te balades déguisé en super-héros en plein après-midi.

02 décembre – Suisse? Ouhlala!!!

Hier, je suis allée manger avec mon amie Chrissy. Alors que je passe la commande en cantonais, le serveur est amusé et me demande d’où je viens :

– Ngo hai Seuysi yan. Je suis Suisse, lui dis-je, toujours une petite pointe de chauvinisme dans la voix.

Alors qu’habituellement, les gens poussent des petits cris enthousiastes quand j’annonce ma nationalité (et me parlent ensuite de montagnes, de chocolat et de beaux paysages…), l’homme pousse un cri horrifié.

– La Suiiiiisse. Mais c’est terrible là bas. Il y a énormément de cas de Covid. C’est vraiment très très mauvais…!

Il fait un pas en arrière et le reste du repas, me sert de manière méfiante, du bout des doigts.