07 décembre – Sapins et aiguilles

Au marché aux fleurs, la rue est recouverte de sapins… et une odeur de sève titille nos narines. Sur les étiquettes, le mot SOLD est écrit en rouge sur la majorité d’entre eux, aux côtés de prix exorbitants…

Comme ces sapins ont fait le tour du monde, rien ne se perd. Les vendeurs récupèrent donc la moindre branche tombée pour fabriquer des couronnes ou de petits sapins reconstitués. Eh oui, la tradition du Christmas tree s’est mondialisée.

De notre côté, même si le sapin reste un souvenir de Noël, on ne cède pas. On n’achètera pas un sapin ayant plus voyagé que nous… du coup, nous avons choisi un local Christmas tree que l’on gardera après Noël !

27 novembre – Aller sans retour

Lorsqu’un voyageur souhaite revenir à Hong Kong, il doit passer obligatoirement par une quarantaine dans un hôtel accrédité par le gouvernement.

Pour les gens en provenance de Suisse, ce sont 21 jours à passer enfermés entre les 4 murs d’une chambre d’hôtel.

Les hôtels accrédités sont au nombre de 40. Tous les trois mois, la liste est mise à jour et les voyageurs doivent donc surveiller cette liste avec minutie et être munis d’une réservation en bonne et dûe forme lors de l’embarquement sous peine de ne pas pouvoir entrer dans l’avion.

Le souci, c’est qu’en ce moment, avec Noël et tout et tout… tous les hôtels de quarantaine sont pleins jusqu’à fin février.

Sur les réseaux sociaux, c’est donc la panique. Certains voient leur vol être déplacé mais leur réservation d’hôtel n’a pas suivi… certains autres, devant rentrer pour une urgence familiale, ne savent pas quand ils pourront revenir – ce qui est compliqué lorsqu’on a un emploi, des enfants scolarisés, etc.

Bref. C’est la débandade… et c’est un peu stressant de se dire que s’il arrivait un malheur, nous pourrions être coincés d’un côté comme de l’autre.

23 novembre – Sensation hivernale

Il fait 14 degrés ce matin. Pour la première fois depuis de longs mois, sortir du lit a piqué légèrement.

En écrivant ces mots, je suis emmitouflée dans une couverture en laine, un thé fumant sur la table basse. A côté de moi, la bougie senteur sapin qu’on m’a offert diffuse son parfum. Si je fermais les yeux, je pourrais presque m’imaginer dans le salon de ma maison d’enfance, avec la neige au dehors et le sapin dressé fièrement dans le salon.

Il fait froid et j’adore ça !

09 novembre – Petit écrin au cœur de Central

Il est midi. Je monte au deuxième étage d’un petit immeuble quelconque et je pousse la porte de la caverne d’Ali Baba.

Du sol au plafond, des livres sont entreposés. J’ai l’impression de pénétrer dans le labyrinthe de Gaston Lagaffe qui m’avait tant fait fantasmer enfant. Et là tout y est : des livres de cuisine dont j’ai une passion folle, aux romans, documentaires variés, albums et livres jeunesse, bandes dessinées, poches, magazines, classiques comme nouveautés. C’est le lieu de perdition de mon porte-monnaie.

Alors que je me balade dans les rayons, je dresse l’oreille. Quelques notes d’Option Musique, l’une de nos radios suisses, vibre dans l’air. Madeline, la patronne, est neûchateloise et du coup, je me sens doublement comme à la maison !

Bref, je ne suis pas une grande afficionado du shopping mais, je repars toujours de la librairie Parenthèse avec plus de bouquins que ce que j’imaginais.

Sarah Andersen – https://www.instagram.com/sarahandersencomics/

08 novembre – Être étrange et étranger

Depuis que je vis à Hong Kong et que moi-même je suis une étrangère, je pense souvent aux étrangers en Suisse que je n’ai pas accueilli comme j’aurais dû le faire.

Je pense à ma collègue, qui venait d’arriver d’Allemagne et qui ne connaissait personne – à qui je n’ai même pas pensé proposer un repas ou une sortie en dehors du travail. Je pense à ces étudiants Erasmus que je voyais chaque jour à l’Université, qui ne savaient pas toujours comme se débrouiller et à qui je n’ai pas spontanément proposé mon aide. Ou encore à ces expat anglophones, perdus à Genève, que j’ai jugé car « ils n’essayaient pas de parler français… », et qui se regroupaient le weekend. Je pense à ces touristes nageant dans un environnement français parfois rude… et à tous ceux sur qui j’ai jeté des stéréotypes et des clichés !

Il a fallu que je m’expatrie, que moi-aussi je fasse face à la solitude des ailleurs, que je me heurte à la barrière de la langue, aux gens très sympas mais qui ont déjà des amis et une vie… aux blagues qui vont plus vite que mon niveau d’anglais… aux termes chinois qui ont différents sens… pour que je réalise que s’installer dans un autre pays est un grand recommencement teinté de craintes et d’isolement. Que se retrouver avec ses compatriotes n’est pas forcément un signe de fermeture d’esprit – que cela fait du bien de temps en temps, que c’est reposant… et que tous ces étrangers installés ailleurs sont gens courageux.