11 août – La magie du pins Together let’s fight the virus

Jeudi. 18h30. Nous sortons de l’avion. Alors que nous suivons les lignes et directives prévues pour les voyageurs, je sors les divers documents : le classeur avec les 4 formulaires, ma carte d’identité hongkongaise… et mon téléphone sur lequel l’application Leave Home Safe est deja installée.

Or, pendant le vol… alors que je chargeais le précieux appareil, celui-ci s’est éteint, puis rallumé. Et en dormant, j’ai dû appuyer sur les touches du clavier. Résultat : ma SIM card suisse est bloquée, paralysant mon téléphone entier… pour m’en sortir, je dois trouver mon PUK mais sans connexion, c’est impossible.

Bref, je panique un peu. Sans téléphone, je ne sais pas ce qu’il se passera. J’ai besoin de l’app de traçage pour sortir de là. Je cherche à enlever la carte SIM suisse pour que la carte hongkongaise prenne le relai, mais je n’ai rien sur moi : ni boucles d’oreilles, ni imperdable, ni aiguille. Tout est en soute.

Soudain, au passage d’un checkpoint, une femme me vient en aide. Elle est assise, porte un masque et une visière en plastique. Et elle arbore sur la poitrine un pin’s sur lequel est écrit : Together let’s fight the virus. Elle me le tend. Grâce à sa pointe acérée, je sorte la carte récalcitrante.

Aujourd’hui, ce pins aura véritablement participé à la lutte du virus!

08 août – Les au revoir

Je ne m’habituerai jamais aux au revoir. Je déteste ça. A chaque fois, mon coeur se craquelle. Je tente de coller ma langue au palais, comme mon papa me l’a appris mais rien ne fonctionne et je finis par pleurer comme une madeleine.

Et encore. J’ai de la chance. Je suis une privilégiée. J’ai choisi de vivre à Hong Kong.

Je pense donc tout spécialement ce soir aux exilés, aux réfugiés… qui sont loin de leurs êtres chers sans aucune perspective de retrouvailles… et sans savoir s’ils seront encore là à leur retour. Ce sont des héros du quotidien.

25 avril – La ronde des farewell

Il y a un terme qui n’est que tristement connu des expatriés : la farewell, ce qui signifie « Adieu! » en anglais.

En résumé, lorsqu’on dit : je suis allé à une farewell, cela signifie que nous sommes allés à la fête d’une personne quittant définitivement la ville.

En ce moment, de manière un peu moins festive puisqu’il est interdit de se regrouper, nous enchaînons les farewells en mini-comité. Beaucoup partent. Singapour, Londres, Paris, New York ou ailleurs encore… ils continuent leur bout de chemin, qu’il s’agissent de Suisses, de Français, d’Anglais ou même de Hongkongais.

Nous savons que nous resterons en contact… et que si le hasard nous mène dans la même ville, nous nous reverrons avec plaisir ! Mais après deux ans où personne n’a bougé, paralysé par la crise, c’est un peu triste de devoir dire au revoir à tous ces amis en même temps.

31 décembre – Finir l’année comme elle a commencé

Nous voilà le dernier jour de l’année et un petit vent de panique souffle sur Hong Kong.

Ce matin, notre quotidien anglophone local nous annonçait la suspension des vols cargo de Cathay Pacific après l’augmentation de la quarantaine pour ses équipes.

Hong Kong faisant la taille du canton de Fribourg avec une population de 8 millions d’habitants, elle dépend donc beaucoup de l’extérieur pour un bon nombre de ses produits.

Ce matin, nous avons donc fait comme tout le monde et été acheter un petit sac de riz (8 kilos le plus petit format, ici…), 2-3 conserves et quelques rouleaux de papier toilettes – au cas où.

On termine l’année comme elle a commencé… ah non… c’était 2020… ou… je. sais plus ? On commence à perdre le fil !

On espère que 2022 nous amènera plus de stabilité !

J’en profite pour vous souhaiter un tous un merveilleux réveillon, où que vous soyiez ! Et que celui ci nous amène des temps plus doux.

23 novembre – Sensation hivernale

Il fait 14 degrés ce matin. Pour la première fois depuis de longs mois, sortir du lit a piqué légèrement.

En écrivant ces mots, je suis emmitouflée dans une couverture en laine, un thé fumant sur la table basse. A côté de moi, la bougie senteur sapin qu’on m’a offert diffuse son parfum. Si je fermais les yeux, je pourrais presque m’imaginer dans le salon de ma maison d’enfance, avec la neige au dehors et le sapin dressé fièrement dans le salon.

Il fait froid et j’adore ça !