25 avril – La ronde des farewell

Il y a un terme qui n’est que tristement connu des expatriés : la farewell, ce qui signifie « Adieu! » en anglais.

En résumé, lorsqu’on dit : je suis allé à une farewell, cela signifie que nous sommes allés à la fête d’une personne quittant définitivement la ville.

En ce moment, de manière un peu moins festive puisqu’il est interdit de se regrouper, nous enchaînons les farewells en mini-comité. Beaucoup partent. Singapour, Londres, Paris, New York ou ailleurs encore… ils continuent leur bout de chemin, qu’il s’agissent de Suisses, de Français, d’Anglais ou même de Hongkongais.

Nous savons que nous resterons en contact… et que si le hasard nous mène dans la même ville, nous nous reverrons avec plaisir ! Mais après deux ans où personne n’a bougé, paralysé par la crise, c’est un peu triste de devoir dire au revoir à tous ces amis en même temps.

31 décembre – Finir l’année comme elle a commencé

Nous voilà le dernier jour de l’année et un petit vent de panique souffle sur Hong Kong.

Ce matin, notre quotidien anglophone local nous annonçait la suspension des vols cargo de Cathay Pacific après l’augmentation de la quarantaine pour ses équipes.

Hong Kong faisant la taille du canton de Fribourg avec une population de 8 millions d’habitants, elle dépend donc beaucoup de l’extérieur pour un bon nombre de ses produits.

Ce matin, nous avons donc fait comme tout le monde et été acheter un petit sac de riz (8 kilos le plus petit format, ici…), 2-3 conserves et quelques rouleaux de papier toilettes – au cas où.

On termine l’année comme elle a commencé… ah non… c’était 2020… ou… je. sais plus ? On commence à perdre le fil !

On espère que 2022 nous amènera plus de stabilité !

J’en profite pour vous souhaiter un tous un merveilleux réveillon, où que vous soyiez ! Et que celui ci nous amène des temps plus doux.

23 novembre – Sensation hivernale

Il fait 14 degrés ce matin. Pour la première fois depuis de longs mois, sortir du lit a piqué légèrement.

En écrivant ces mots, je suis emmitouflée dans une couverture en laine, un thé fumant sur la table basse. A côté de moi, la bougie senteur sapin qu’on m’a offert diffuse son parfum. Si je fermais les yeux, je pourrais presque m’imaginer dans le salon de ma maison d’enfance, avec la neige au dehors et le sapin dressé fièrement dans le salon.

Il fait froid et j’adore ça !

11 novembre – Décalage

– Ok, on se parle à 15h.

– Ok. Attends… 15h… mais c’est quelle heure chez toi ?

– Là en ce moment, c’est 6h30.

– Ha mais tu es matinale !

– Oui ! D’ailleurs, je file me préparer. A toute !

– Attends… quand tu dis 15h, tu parle de 15h Suisse ou de 15h Hong Kong?

– 15h Suisse !

– Parfait. 15h Suisse. 22h Hong Kong !

– Mais c’est pas 21h ?

– Non, on est passés à l’heure d’hiver. C’est +7 maintenant.

Les petits calculs de la communication à distance !

08 novembre – Être étrange et étranger

Depuis que je vis à Hong Kong et que moi-même je suis une étrangère, je pense souvent aux étrangers en Suisse que je n’ai pas accueilli comme j’aurais dû le faire.

Je pense à ma collègue, qui venait d’arriver d’Allemagne et qui ne connaissait personne – à qui je n’ai même pas pensé proposer un repas ou une sortie en dehors du travail. Je pense à ces étudiants Erasmus que je voyais chaque jour à l’Université, qui ne savaient pas toujours comme se débrouiller et à qui je n’ai pas spontanément proposé mon aide. Ou encore à ces expat anglophones, perdus à Genève, que j’ai jugé car « ils n’essayaient pas de parler français… », et qui se regroupaient le weekend. Je pense à ces touristes nageant dans un environnement français parfois rude… et à tous ceux sur qui j’ai jeté des stéréotypes et des clichés !

Il a fallu que je m’expatrie, que moi-aussi je fasse face à la solitude des ailleurs, que je me heurte à la barrière de la langue, aux gens très sympas mais qui ont déjà des amis et une vie… aux blagues qui vont plus vite que mon niveau d’anglais… aux termes chinois qui ont différents sens… pour que je réalise que s’installer dans un autre pays est un grand recommencement teinté de craintes et d’isolement. Que se retrouver avec ses compatriotes n’est pas forcément un signe de fermeture d’esprit – que cela fait du bien de temps en temps, que c’est reposant… et que tous ces étrangers installés ailleurs sont gens courageux.