26 janvier – Joie borderline

En ce moment, la ville oscille entre joie et psychose.

Chinese new year approche… les décorations sont installées. Hong Kong se pare de rouge, de lanternes, de mandariniers… c’est superbe ! Beaucoup se réjouissent des vacances qui approchent. Ces rares vacances qui devraient être constituées de repas de famille, de distribution de lai see, d’achats de fleurs et de repos, comme chez nous à Noël !

Mais en parallèle, un cluster explose dans un quartier de la ville. Des blocs d’immeubles complets sont en lockdown total. D’autres buildings sont évacués après la découverte de « transmissions verticales » par la tuyauterie. Les gens bossent de la maison. Les enfants ont l’école en ligne et les commerces ferment tous à 18h en grincant des dents. Pour couronner le tout, hier, les parents ont appris dans la presse que les classes en face à face ne pourraient reprendre que lorsque 70% des enfants seraient vaccinés.

Hong Kong oscille donc entre la joie des fêtes et la lassitude face à ces restrictions et face à ce virus qui nous mène la vie dure depuis bien trop longtemps.

25 janvier – La dame aux chats

En m’approchant de la berge, je l’aperçois. Elle est petite, les cheveux courts et blancs cachés sous un chapeau… et des lunettes de soleil crochés sur son masque.

Elle a accroché un sac à la rambarde. Dedans se trouve tout son attirail : une corde avec un crochet, plusieurs bouteilles d’eau, quelques conserves de thon et des croquettes.

En contrebas, les rochers. Les chats sont à l’affût. Ils savent qu’elle est là.

Avec son crochet, elle récupère les écuelles posées deux mètres en dessous. Ce sont de petits bacs en plastique auxquels elle a croché une lanière. Elle s’arme de patience, remonte les récipients. Les remplit avant de les redescendre aux matous affamés.

– Vous faites ça souvent?, je lui demande.

Elle me fait un sourire et se met à parler avec joie. Oui, cinq jours par semaine. Elle s’occupe de « ses » chats.

Je regarde les animaux qui se lèchent les pattes devant la baie Victoria. Ils sont bien soignés !

24 janvier – Portes ouvertes à la boutique…

Nicolas et moi marchons dans Fo Tan. Il bruine. Nous sommes les seuls Occidentaux à la ronde.

Alors que nous passons devant une dame poussant un chariot recouvert de cartons, celle ci me regarde et me fait un large sourire. Je lui souris en retour en hochant la tête, toute contente.

Mon côté optimiste se dit qu’il se passe quelque chose entre nous… une onde d’amitié transcendant tout… !

Elle s’approche de moi. Je lui souris encore. Dans un mélange d’anglais, de cantonais et de mime, elle me dit alors :

– Excusez moi. Votre braguette est grande ouverte !

Voilà voilà !

21 janvier – Le cochon est dans la maison

Il y a un caractère qui me fait souvent rire lorsque je l’écris ou que je le croise et c’est celui-ci : 家.

Il est composé de deux radicaux. La partie supérieure signifie la maison, tandis que la partie inférieure signifie le cochon. En gros, le cochon est dans la maison.

Sauf que ce caractère ne signifie évidemment pas cela. Il ne serait pas très utile sinon. Concrètement il signifie la famille, le groupe, la profession.

On peut l’utiliser par exemple pour dire : les membres de ma famille (ga yan – 家人) ou par exemple les artistes (艺术家).

Mais alors… quel est le rapport avec le cochon dans la maison ? Eh bien, à l’époque, les cochons étaient domestiqués. Et là où il y avait une famille ou une maison, il y avait un cochon. Il faut aussi dire que le cochon a une symbolique très forte en Chine. Ils représentent la prospérité et la chance. Ceci expliquerait donc cela !

20 janvier – Un quartier humide et puant…

Hier, une copine de notre cours d’impro nous a fait connaître le site Hoodmaps, une carte plutôt rigolote qui référence les quartiers des (grandes) villes du monde selon leurs habitants.

Le quartier est il peuplé de gens en costumes, de riches, de hipsters, de touristes (hors covid je présume), d’étudiants ou de gens normaux?

Puis, elle donne alors des petits surnoms aux quartiers qui sont plutôt rigolos et sans concessions.

Le quartier des piers s’appelle par exemple : le coin des expats ivres sortant de jonques. Sheung Wan s’appelle : Les Français sont partout… tandis que Tsim Sha Tsui s’appelle Copy watches.

Nous, nous habitons dans un quartier au surnom plutôt charmant : humide et puant ! Ce qui en soi est assez vrai avec le marché à proximité ! Ca a eu le mérite de me faire bien rire !