15 septembre – Un air de Noël

Un air de Noël plane sur la ville. Les ruelles et les magasins se parent de lanternes rouges, de lapins dorés et de lumignons pour le Festival de la Mi-Automne qui approche à grands pas. Les vitrines se remplissent des mooncakes. Les parcs sont décorés. Les gens semblent fébriles et font leurs courses avant le jour J. On attend avec impatience le jour férié de la semaine prochaine et le programme des festivités.

Bref… hier, en rentrant à la maison, j’avais le sentiment que Noël approchait, malgré les 30° extérieurs… et j’ai eu presque envie de boire un thé à la cannelle en regardant pour la 47ème le film The Holiday, planquée sous la couette.

14 septembre – Fire !

Mon amie Anne quitte Hong Kong. Si la nouvelle me rend triste, elle m’a confié son hamster nain, Fire… qui n’a malheureusement pas le droit de prendre l’avion ! Aurait-il le Covid ? Non… il est seulement beaucoup trop petit.

Résultat des courses : nous accueillons donc un petit hamster à la maison, pour ma plus grande joie, je dois bien l’admettre !

Et j’avoue qu’il est absolument craquant !

13 septembre – Porpita porpita

La semaine dernière, en nous baladant sur la plage, je découvre d’étrange petites choses bleues posées sur le sable. Est-ce un fruit ? Cela ressemble en effet à un ramboutan coupé en deux… Je me penche. Puis, j’en aperçois des dizaines couchés sur le sable. Curieuse, je les prends en photo avant de demander à mon ami Yan s’il connaît ces étranges créatures. Yan est un ami d’origine macanaise qui connaît toutes les montagnes, tous les animaux et toutes les fleurs qui peuplent Hong Kong.

Le verdict est sans appel : c’est un Porpita porpita, ou blue button, en anglais… soit une petite créature marine se situant entre la méduse et la flottille. L’animal vit habituellement dans les mers tropicales et subtropicales — de l’Océan Pacifique à l’Océan Indien en passant par la mer Méditerranée. C’est un voyageur en somme.

Si je crois ce que je trouve sur Internet, il semblerait que cet organisme se déplace en flottant à la surface de la mer et se compose de deux parties : le flotteur et une colonie d’hydroïdes, qui contiendraient des pores capables de communiquer avec ses congénères. Il serait hermaphrodite et aurait une bouche multitâche, située sous son flotteur… qui permettrait de manger — notamment des larves de crustacés — et d’expulser ses déchets.

La bestiole n’est pas mortelle — mais comme toute méduse — elle provoque de légères irritations de la peau. J’ai donc abandonné tout projet de baignade, et je me suis contentée d’admirer ces jolis boutons bleus qui décoraient la plage.

La nature est magnifique !

11 septembre – Visite nocturne

Lorsque nous poussons la porte de notre logement à Cheung Chau, Nicolas et moi sommes pris à la gorge par une odeur d’humidité plutôt intense. Le genre d’odeur âcre et mouillée très désagréable. En gros, ça pue.

En bons spécialistes de l’assainissement de logement, nous analysons la situation : le problème c’est l’aération. Nous ouvrons donc grand les fenêtres et partons nous promener. Lorsqu’on revient, nous sommes satisfaits. L’odeur est toujours là mais elle est plus légère. Nous fermons la fenêtre et nous mettons au lit.

Tout à coup, alors que je lis tranquillement, une énorme bête me tombe sur le ventre. Je hurle, saute du lit… agite les bras. Cette réaction n’est d’aucune utilité… le monstrueux cafard – gros comme une pièce de 5 CHF – file sur le mur.

Armé d’une tong, Nicolas se met en chasse tandis que – mes compétences de guerrière branchées au maximum – je sautille comme une idiote dans la chambre avec un papier toilette dans la main. Le monstre file sous le matelas. Nous le retournons, mais le cafard se glisse derrière la porte de la salle de bain. Il a d’immenses antennes et se déplace vite. Nicolas le touche une première fois mais la bête se relève et nous fait face, pattes dressées (oui, là, j’exagère un peu, mais on y croit, non?).

Bref, après un combat épique, nous gagnons enfin la bataille mais j’ai du mal à retourner au lit. Et si son petit frère, sa femme et son cousin se cachaient aussi au-dessus de ma tête ? Je m’endors mais mon sommeil reste léger.

Entre l’humidité et les visiteurs nocturnes, mon cœur balance et je comprends donc finalement pourquoi on n’aère pas forcément quand on vit sur une île tropicale.

10 septembre – Escapade à Cheung Chau

Aujourd’hui, c’est le jeûne genevois. Comme le vendredi, je travaille à distance pour la Suisse, j’ai congé ! Pour l’occasion, nous partons en balade sur mon île préférée à Hong Kong, la superbe Cheung Chau.

Le matin, nous arpentons les ruelles serrées de l’île pour trouver un lieu où prendre notre petit-déjeuner. A côté d’un marchand de noix de coco glacées, une femme vend sur la rue des Dim Sum. Derrière elle, dans une salle sommaire, recouverte intégralement de faïence, quelques habitués déjeunent en lisant le journal. Nous nous faufilons dans l’échoppe. La serveuse nous tend la vaisselle, l’eau chaude et le bac pour que nous lavions nos ustensiles. C’est la coutume ici. Puis, je me lève pour aller choisir ce que nous allons manger. La femme me tend un panier de char siu bao, ces jolies brioches blanches au porc laqué, des haa gau, de petits raviolis transparents farcis à la crevette et des siu mai, des petites bouchées à la viande et à l’huile de sésame. C’est délicieux. Dans la salle, seules des personnes âgées sont là. Elles se connaissent toutes et s’apostrophent en commentant les nouvelles.

La danse joyeuse des femmes sur la plage

Une fois le repas avalé, nous repartons. Il est 09h30 et la chaleur est déjà étouffante. Comme j’ai trop mangé, je me traîne nonchalamment derrière Nicolas qui prend des photos. Nous arpentons la ville de long en large avant de nous asseoir sur la plage. Des femmes dansent joyeusement sur de la musique chinoise. Nous retraversons alors la ville, observons les pêcheurs qui sèchent leurs prises sur des sortes de cage en osier et revenons vers la plage où, depuis un petit café, nous regardons les baigneurs. D’immenses poissons argentés sautent à intervalle régulier, hors de l’eau. C’est impressionnant.

Le poisson qui sèche, ici sur un vélo

L’après-midi, après avoir avalé quelques fruits et d’immenses thé froids dans un café extrêmement mignon, nous discutons avec une Japonaise installée sur l’île, qui vend de l’artisanat dans une maison colorée. Puis, nous bouquinons et décidons finalement de piquer une tête. Nous avons attendu la fin de l’après-midi avant de se lancer, échaudés par le coup de soleil monumental qui nous a terrassé le week-end dernier.

Alors que nous nageons, les mêmes poissons qu’on observait le matin même sautent autour de nous. Ils font la taille d’une grosse truite et c’est quand même assez effrayants lorsqu’ils frôlent nos pieds. Mais l’eau est délicieuse et on profite.

Le soir, nous nous mettons en quête d’un lieu où manger. Aux abords d’une petite place, on découvre un petit café spécialisé dans la cuisine malaisienne. Le patron vient de Singapour. On s’assied et on commande un Gado-Gado, du Mie Goreng et un plat à base de poulet et de cacahuètes. C’est un pur régal. Pour le dessert, le cuisinier nous concocte deux sortes de mini crêpes farcies aux arachides. Je m’en pourlèche les babines.

Au retour, les bébés geckos et les grenouilles passent devant nos pieds, tandis que les lanternes éclairent les ruelles. On a passé une magnifique journée !

Était-ce bien des poissons qui nous ont frôlés les pieds ? Bon ok on était du bon côté du filet…