A propos Karine

Fraîchement expatriée à Hong-Kong, c'est avec une curiosité grandissante que je parcours ma nouvelle ville. Toujours prête à dénicher les endroits secrets, les bons plans, les anecdotes croustillantes, j'anime mon blog personnel où je raconte mon quotidien, mes découvertes, mes surprises et mes aventures à Hong-Kong : https://hotfonduepot.com/! Pour me suivre en image, ça se passe sur Instagram, sur @hot.fondue.pot!

28 janvier – Tout pour des chaussures

En sortant de chez mon amie C., je suis choquée. La rue est pleine de gens qui dorment dehors. Des personnes de tout âge… adolescents, petites mamies, adultes sont enroulés dans des sacs de couchage à même la rue. Ce n’est pas habituel et Nicolas et moi nous demandons vraiment ce qui a pu arriver à ces pauvres gens.

Le lendemain, j’en parle avec C qui me dit :

– Non, mais c’est à cause du magasin Nike Lab.

La boutique vend des produits très spécifiques. L’offre change régulièrement et tout est limité. Du coup, en fonction des produits proposés le lendemain, les gens dorment dehors pour être les premiers à les acheter!

– En fonction des modèles qui seront mis en vente, la queue est plus ou moins longue, continue C. Quand certains commencent à camper avant minuit, c’est que les modèles attendus sont ultra prisés ! Et il y a tout un commerce là autour puisque tu peux même payer quelqu’un pour faire la queue à ta place.

Le lendemain, à l’ouverture de la boutique, c’est la cohue. Certains achètent des produits, puis vont s’asseoir sur le trottoir d’en face pour revendre les paires immédiatement… (car la politique du magasin n’autorise qu’un certain nombre d’achats par personne).

… La société de consommation a encore de beaux jours devant elle !

27 janvier – Sortez vos lai see !

Le Nouvel An chinois approche. Et il est donc temps de préparer nos petits lai see !

Pour rappel, les lai see, ce sont ces jolies enveloppes rouges que l’on distribue traditionnellement lors du Nouvel An chinois, dans lesquelles on glisse quelques billets.

Et tout est très codifié : les plus âgés en donnent aux plus jeunes, les mariés aux célibataires, les parents donnent aux enfants, parfois les patrons à leurs employés… ou on peut en donner à ceux qui nous rendent des services comme aux gardiens de l’immeuble, à une femme de ménage ou à un vendeur que l’on voit régulièrement.

La somme distribuée répond également à des critères précis. Si on peut donner une petite somme à une connaissance que l’on voit régulièrement mais que l’on connaît peu, on se doit d’être plus généreux avec les proches ou les personnes avec qui on travaille ou que l’on voit quotidiennement.

Pour l’anecdote, depuis que mon ami Ian s’est marié, il se terre à la maison pendant Chinese New Year ! « Ca coûte trop cher d’aller aux fêtes de famille, m’a t’il dit, outré. Tous mes cousins sont célibataires… ». C’est une technique…

Bref, lorsqu’on donne le lai see, on le fait à deux mains… en se courbant un peu… et on doit alors dire une des nombreuses formules pour souhaiter bonne année, telles que Gung Hay Fat Choi, San Tai Gin Hong, Long Ma Dzin San, etc.

Pour véritablement respecter l’étiquette, il faudrait même donner des billets neufs… mais là, pour le coup, c’est compliqué ! Il faut les commander en avance à la banque et comme je ne l’ai pas fait, eh bien c’est trop tard. Tant pis, je faillirai à l’étiquette totale cette année !

26 janvier – Joie borderline

En ce moment, la ville oscille entre joie et psychose.

Chinese new year approche… les décorations sont installées. Hong Kong se pare de rouge, de lanternes, de mandariniers… c’est superbe ! Beaucoup se réjouissent des vacances qui approchent. Ces rares vacances qui devraient être constituées de repas de famille, de distribution de lai see, d’achats de fleurs et de repos, comme chez nous à Noël !

Mais en parallèle, un cluster explose dans un quartier de la ville. Des blocs d’immeubles complets sont en lockdown total. D’autres buildings sont évacués après la découverte de « transmissions verticales » par la tuyauterie. Les gens bossent de la maison. Les enfants ont l’école en ligne et les commerces ferment tous à 18h en grincant des dents. Pour couronner le tout, hier, les parents ont appris dans la presse que les classes en face à face ne pourraient reprendre que lorsque 70% des enfants seraient vaccinés.

Hong Kong oscille donc entre la joie des fêtes et la lassitude face à ces restrictions et face à ce virus qui nous mène la vie dure depuis bien trop longtemps.

25 janvier – La dame aux chats

En m’approchant de la berge, je l’aperçois. Elle est petite, les cheveux courts et blancs cachés sous un chapeau… et des lunettes de soleil crochés sur son masque.

Elle a accroché un sac à la rambarde. Dedans se trouve tout son attirail : une corde avec un crochet, plusieurs bouteilles d’eau, quelques conserves de thon et des croquettes.

En contrebas, les rochers. Les chats sont à l’affût. Ils savent qu’elle est là.

Avec son crochet, elle récupère les écuelles posées deux mètres en dessous. Ce sont de petits bacs en plastique auxquels elle a croché une lanière. Elle s’arme de patience, remonte les récipients. Les remplit avant de les redescendre aux matous affamés.

– Vous faites ça souvent?, je lui demande.

Elle me fait un sourire et se met à parler avec joie. Oui, cinq jours par semaine. Elle s’occupe de « ses » chats.

Je regarde les animaux qui se lèchent les pattes devant la baie Victoria. Ils sont bien soignés !

24 janvier – Portes ouvertes à la boutique…

Nicolas et moi marchons dans Fo Tan. Il bruine. Nous sommes les seuls Occidentaux à la ronde.

Alors que nous passons devant une dame poussant un chariot recouvert de cartons, celle ci me regarde et me fait un large sourire. Je lui souris en retour en hochant la tête, toute contente.

Mon côté optimiste se dit qu’il se passe quelque chose entre nous… une onde d’amitié transcendant tout… !

Elle s’approche de moi. Je lui souris encore. Dans un mélange d’anglais, de cantonais et de mime, elle me dit alors :

– Excusez moi. Votre braguette est grande ouverte !

Voilà voilà !