18 novembre – Téléphone!

Il existe une expression en cantonais que l’on utilise lorsque l’on appelle quelqu’un pendant des heures au téléphone:

煲電話粥 : Bou dihn wa djuk !

Littéralement, cela veut dire : faire bouillir son téléphone dans le congee.

Le congee, c’est du riz qu’on cuit pendant très très longtemps et qui est à mi chemin entre la soupe et le risotto. Cela se mange avec des oignons frais, ou de l’oeuf centenaire. Personnellement, j’adore !

10 novembre – La gloire du matin

Il y a un légume asiatique qui porte le doux nom de Morning glory. Cette jolie plante, semi-aquatique, pousse dans les marais et les rizières et quand elle fleurit est agrémentée d’une fleur rose violette en forme de corolle.

En Asie du Sud, tout se mange dans la Morning glory. De ses racines à ses tiges, elle fait le bonheur des gourmets… et le mien ! On les frit, on les saute, on les met dans la soupe… et on peut même l’utiliser pour ses vertus médicinales ! Tout un programme !

Et pour les préparer à la mode cantonaise, voici la recette :

Une fois vos Morning Glory coupées en plusieurs morceaux (et évidemment lavées), faites les blanchir dans une cuillère à café d’huile et une de sel. Après 30 secondes, égouttez les.

En parallèle, faites chauffer dans un wok, de l’huile et de l’ail coupé en fins morceaux. Ajoutez alors de la pâte de tofu fermenté dans le wok suivi par les légumes.

Faites revenir le tout à feu vif pendant deux minutes en mélangeant bien.

Bon appétit !

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03 novembre – Légumes et tralala

Ca fait un moment que je me casse la tête avec les courses. Hong Kong est un tout petit territoire… aussi petit que le canton de Fribourg mais avec 8 millions d’habitants. L’équivalent de toute la Suisse. Ce n’est pas grand et il n’y a donc pas d’énormes espaces cultivés !

Compte tenu de ces difficultés géographiques, la majorité des aliments sont importés. USA, Europe, Australie, Nouvelle Zélande, Japon, Chine… tous les pays du monde se retrouvent sur les étals des marchés et des supermarchés et – ne sachant pas bien lire le chinois – c’est parfois super compliqué de savoir ce qu’on achète.

Puis, il y a deux semaines en me baladant à Kam Tin, je les ai vues, ces petites fermes hongkongaises. Et je me suis dit qu’il fallait que je m’y mette. Pour les encourager. Pour manger local et parce qu’écologiquement, ça n’a aucun sens de faire venir ses poivrons ou sa salade de l’autre bout du monde.

J’ai donc fait quelques investigations (merci Facebook) et je suis tombée sur la petite ferme Farmhouse Production, tenue par une Hongkongaise trop rigolote qui cultive ses légumes bios et qui a une passion pour les chats.

Chaque lundi elle envoie la liste de ce qu’elle a par WhatsApp. On lui dit ce qu’on veut… on paye et le mardi, elle nous livre les légumes à domicile, le tout sans emballage !

Aujourd’hui, j’ai eu des aubergines à la forme trop rigolote, des choy sum, des œufs, des raisins asiatiques, des patates douces, du gingembre et des courgettes poilues (hairy gourd)!

Je suis plutôt conquise.

02 novembre – Du thé, s’il vous plaît !

Au restaurant, le thé est un incontournable. Il est servi d’office et la théière sera remplie à gogo en fonction de votre soif. Quand celle-ci sera vide, il suffira de poser son couvercle légèrement en décalé et les serveurs sauront alors qu’il faudra la remplir. Puis, on tapotera avec deux doigts sur la table pour dire merci.

La coutume est ancienne et date de l’Empereur Qian Long. A cette époque, celui-ci avait pour habitude de voyager incognito, déguisé en simple sujet, afin de mieux connaître la vie de ses citoyens. 

Un jour, il alla manger dans un restaurant avec l’un de ses serviteurs. Quand la tasse de ce dernier fût vide, l’Empereur – se comportant comme un homme ordinaire – lui servit du thé. Très gêné, celui-ci voulut lui montrer sa reconnaissance, mais il ne pouvait pas faire de révérence sans faire sauter la couverture de l’Empereur. Il tapota alors avec deux doigts sur la table pour mimer la courbette.

La coutume est restée et elle est permet également de ne pas interrompre le fil de la conversation lorsqu’on se fait verser du thé !

Bon, dans la vraie vie, il est quand même plus poli de dire un « Mgoi saai » (merci beaucoup)… surtout si vous ne parlez pas à bâtons rompus.

31 octobre – Les animaux que l’on mange

Alors qu’en Europe, les emballages de viande sont anonymisés, dépossédés de leur apparence première, à Hong Kong, on sait toujours ce que l’on mange.

Au marché, la carcasse du cochon entier est suspendue aux crochets des étals, des poulets vivants s’agitent dans de grandes cages avant de passer sous la lame du boucher, les poissons frétillent encore dans les bacs. C’est frais… et c’est explicite.

Au supermarché, on ne cache pas non plus l’origine des morceaux qui sont emballés dans des barquettes en plastique et le marketing nous rappelle sans honte – et avec beaucoup de mignonnerie – que la côtelette, c’est un petit porcelet mignon, et que le filet de poulet provient d’un joli animal à plumes.

Il n’y a aucune hypocrisie concernant ce que mangent les carnivores.