06 juin – Masques et cie

Je suis assise dans le train. Autour de moi, des dizaines de visages dénudés. Et il y a moi, seule avec mon masque.

Si le porter était une chose simple et évidente à Hong Kong, qui ne m’a jamais posé de problème ni d’inconfort, le faire en Suisse est une expérience bien différente. Il faut admettre qu’on s’habitue à déambuler le nez au vent. Et puis, à chaque fois que je sors mon rectangle de papier, il y a ces regards qui, sans se vouloir méchants ou désagréables, en disent long.

Pourtant, même si je vois mes amis ou que je fais mes dédicaces le nez dénudé, je tiens à mon masque dans le train. C’est un petit rappel silencieux que je m’impose. Oui, le Covid existe encore. Oui, certaines personnes ne pourront jamais entrer dans des lieux publics avec ce luxe de pouvoir respirer à pleins poumons. Et surtout oui… il va falloir reprendre un jour ces habitudes et sortir masqué, peu importe que l’on soit seul au milieu d’un parc ou serré dans un métro bondé.

Mon masque du jour, avec sa corolle fleurie

25 avril – La ronde des farewell

Il y a un terme qui n’est que tristement connu des expatriés : la farewell, ce qui signifie « Adieu! » en anglais.

En résumé, lorsqu’on dit : je suis allé à une farewell, cela signifie que nous sommes allés à la fête d’une personne quittant définitivement la ville.

En ce moment, de manière un peu moins festive puisqu’il est interdit de se regrouper, nous enchaînons les farewells en mini-comité. Beaucoup partent. Singapour, Londres, Paris, New York ou ailleurs encore… ils continuent leur bout de chemin, qu’il s’agissent de Suisses, de Français, d’Anglais ou même de Hongkongais.

Nous savons que nous resterons en contact… et que si le hasard nous mène dans la même ville, nous nous reverrons avec plaisir ! Mais après deux ans où personne n’a bougé, paralysé par la crise, c’est un peu triste de devoir dire au revoir à tous ces amis en même temps.

19 avril – Fériés d’ici et d’ailleurs

Ce weekend, nous avons eu congé pour le week-end pascal.

Eh oui… nous avons certains congés qui sont les mêmes qu’en Europe, comme le jour de l’an, le vendredi saint et le lundi de Pâques, le jour de Noël ainsi que les deux jours suivants Noël (le 26 et le 27)…

Ces jours fériés sont propres à Hong Kong, la Chine ne les célébrant pas.

Mais il y a aussi des jours fériés typiquement de la région : le congé du nouvel an lunaire (3 jours en janvier ou février – la date change selon les années puisque le calendrier lunaire n’est pas fixe), le Ching Ming Festival, en avril… La fameuse fête du travail, le 1er mai, l’anniversaire de Bouddha, les 8 et 9 mai, le Tuen Ng Festival en juin, le HKSAR Establishment Day (date de restitution de Hong Kong à la Chine par la Grande Bretagne), le 1er juillet, le congé de la mi-automne, début septembre… la fête nationale chinoise, le 1er octobre, suivie par le Chung Yeung Festival !

Au total, 17 jours de congé qui sont les bienvenus – et ce d’autant plus puisque le travailleur moyen n’a que 12 jours de vacances payées par an… soit 8 de moins qu’en Suisse.

En Suisse, pour la comparaison, nous avons 9 jours fériés par an, sur le Canton de Vaud… eh oui, les jours fériés varient d’une région à l’autre en Suisse (si le canton est catholique, protestant ou si des fêtes locales ont lieu).

Ce weekend, Hong Kong était donc en pause. Les gens sont partis à l’assaut des montagnes, des balades et des randonnées… et nous avec !

Et les libellules aussi étaient à la fête ce weekend !

31 mars – Le motard du quartier

En bas de chez moi, un motard passe ses journées dans le quartier. Il doit avoir la soixantaine… a le crâne rasé et un air très sérieux.

Tous les matins, il s’installe dans une chaise de bureau posée à même le trottoir, habillé tout de cuir. Veste rembourrée et décorée de flammes, pantalons avec protège-tibias intégrés, gants en cuir. Malgré les quelques 25 degrés du jour, il ne faillit pas. Devant lui, une grosse moto est garée. Elle est jaune et ressemble à un modèle japonais (pour ce que je m’y connais). Et à ses pieds, un petit haut-parleur diffuse de la techno chinoise à plein volume.

Étrangement, je ne l’ai jamais vu conduire sa moto. Parfois il s’assied dessus, toujours avec sa musique. Mais peut-être le fait-il à l’heure où tout le monde travaille ou dort ? Le mystère reste entier.

Sans masque, il toise la rue avec fierté. C’est le rebelle de notre quartier !

29 mars – Joies du printemps

Ca y est ! Le printemps est là. Je déclare donc la saison des moustiques ouverte !

Ma seule interrogation : pourquoi semblent t’ils n’apprécier que mes chevilles ? Ils boudent toute peau à l’exception de la plus fine… et s’en donnent à cœur joie.

Depuis peu, celles ci sont aussi élégantes que délicates : rouges, boursouflées, pleines de croûtes. Je suis prête pour l’élection de Miss Pied.