31 août – Prendre la grosse tête

Je vais finir par m’habituer à ce que les gens crient : « Mais qu’est-ce que tu es intelligente… », dès que j’ouvre la bouche – et accessoirement, à ne plus passer les portes.

J’ai parfois juste beau dire : Bonjour et merci… les Hongkongais ne sont pas avares de compliments lorsqu’il s’agit de féliciter quelqu’un apprenant leur langue, bien au contraire. Même si ça fait plaisir et que ça motive… c’en est parfois vraiment gênant.

20 août – Un entracte olé olé

Ce soir, nous sommes allés manger avec un couple d’amis.

Alors que je leur explique comment j’ai fait pour aller à l’opéra cantonais et comprendre l’intrigue sans sous titres… un silence s’abat sur notre petit groupe suivi par un immense éclat de rires.

Au lieu de dire :

– During the intermission, I read a summary of the upcoming act… and ask my friends details about it. (Ce qui signifie : Durant l’entracte, j’ai lu un résumé de l’acte à venir… et j’ai demandé des précisions à ma copine le concernant).

J’ai dit :

– During the intercourse, I read a summary of the upcoming act… and ask my friends details about it.

Intercourse signifie « rapport sexuel » en anglais…

La solitude de ceux qui ne parlent pas leur langue maternelle !

12 août – Une symphonie d’accents

Je mange aujourd’hui avec mon ami Tony, un Australien qui apprend le français — et nous échangeons entre l’anglais et la langue de Molière. Quand je lui explique mon désespoir de parler anglais avec un accent aussi teinté de francophonie, il me regarde et me dit : «C’est un concept purement français que de croire qu’il y a une bonne manière de prononcer les mots… tant que ton interlocuteur te comprend, tu peux considérer que tu as un bon accent!».

Je le fixe, un peu perplexe, mais on continue de débattre et il arrive à me convaincre. C’est vrai qu’entre l’accent australien, américain, canadien, néo-zélandais, écossais, sud-africain, anglais, indien et plus encore… qui sont tous très différents les uns des autres, qui peut dire quel est le bon accent ? Est-ce que rouler les r comme un Écossais ou comme un Indien, arrondir les voyelles comme un Londonien ou en avaler d’autres comme un Américain serait juste ou faux ?

Tony me parle alors de l’Académie française qui décide des mots qui sont corrects ou non en français. Le concept n’existe pas en anglais (et Dieu merci…) et la langue évolue et vit librement selon les régions où elle est pratiquée.

Quand je pense à mes amis français de Hong Kong qui rient (gentiment, je vous rassure – et je les aime quand même) parce que je dis vingt en prononçant le — « t » à la fin… qui haussent un sourcil lorsque je dis septante, calosse ou chenis… ou qui me déclarent que j’ai un accent suisse — ce qui déjà est une hérésie… j’ai un accent vaudois, l’accent suisse n’existe pas — tandis que  pour moi, ce sont eux qui ont un accent parisien… je me dis qu’on devrait tous avoir l’ouverture d’esprit de Tony et accepter que les accents, c’est une superbe preuve mélodique de notre héritage culturel… et que rien n’est juste ou faux !

N’empêche que… bon accent ou pas… quelle galère que de prononcer « throughout » (et sans postillonner, merci…)!

22 mai – Des mots composés d’idées

Les caractères chinois, alias sinogrammes, ne fonctionnent pas du tout comme notre alphabet latin.

A l’instar de nos lettres – qui se prononcent toute de la même manière – et qui sont peu nombreuses, on compte les sinogrammes par dizaines de milliers… En fait, il n’y a même pas de chiffres exacts et les estimations varient de 40 000 à plus de 60 000 ! Un sacré challenge intellectuel. Dans la vie courante, la connaissance de 3’000 à 5’000 caractères permettrait de s’en sortir.

Bref, au contraire de nos mots occidentaux, qui sont composés de sons… ces caractères chinois sont composés de concepts.

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12 mai – Virelangue

Aujourd’hui, je vais vous parler de virelangue… Attention, qu’on se le dise, je ne parle pas du langage serpent, le Fourchelangue, que parle Harry Potter sans le savoir… mais bel et bien de quelque chose de concret : les phrases difficiles à prononcer énoncées rapidement.

Dans le dico, le virelangue est défini comme tel : « Groupe de mots difficiles à articuler, assemblés dans un but ludique ou pour servir d’exercice d’élocution : Exemple: « Il reste treize fraises fraîches. ». »

Aujourd’hui, je mange avec mon amie Season, avec qui on fait des échanges français-cantonais. Pendant le repas, celle-ci peine à prononcer le mot « chou »… et de fil en aiguille, je lui parle des chaussettes de l’archiduchesse.

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