08 avril – Lost in translation in my dreams

Ca y est ! Après trois ans et demi de pratique, j’ai enfin rêvé en cantonais ! C’est pas trop tôt ! Ce n’était rien de transcendant… je parlais de faire du vélo avec une amie… mais je suis très contente car cela signifie que le cantonais a passé les portes de mon subconscient !

Pour l’occasion, je vais vous lister les quelques challenges qu’il m’a fallu relever pour parler cette langue (et ce n’est pas exhaustif… je ne suis de loin pas « fluent » comme on dit en anglais) :

– Premièrement, les tons. Les fameux. Neuf en cantonais qui font que si tu prononces gai si en montant ou en descendant, tu diras marché ou fiente de poulet. Mais bon, à force, ça finit par rentrer et les gens semblent me comprendre !

Les mots au même nombre de syllabes que je mélange : impossible de savoir pourquoi mais j’ai une tendance à me mélanger les pinceaux entre les mots ayant le même nombre de syllabes, même s’ils n’ont pas du tout la même signification (mouh yi sii, mouh maan taai, tou syu gun… pardon, pas de souci, bibliothèque). Ca finit toujours par rentrer mais ça prend plus de temps que prévu.

L’ordre dans la phrase : le cantonais est super logique… les éléments ont des places spécifiques dans la phrase. Par exemple, je vais dire : Je aujourd’hui vais voir mes amis aller manger des dim sum (Ngo gam yaht gin ngo ge pan yau heuih yam tsa). Si, sur le papier, c’est facile… comme pour l’allemand… à l’oral, j’ai du mal à ne pas construire ma phrase comme je le ferais en français.

– Et puis les particules : il y a pleins de petites particules qu’on met après le verbe qui permettent de savoir si l’action est finie, en cours… finie mais inhabituelle ou pas… réalisées mais avec une erreur, toujours en cours, etc. Et j’ai toujours du mal à savoir quand les utiliser. Par exemple : Ngo sik jo bo lo bao signifie : J’ai mangé mon pineapple bun. Tandis que Ngo sik dou bo lo bao, signifierait plutôt (je crois) : J’ai managé pour finir mon pineapple bun… J’ai du mal à comprendre la nuance et du coup c’est difficile à utiliser.

Allez. Ga Yau à moi-même comme on dit ! Ca va bien finir par rentrer !!! Et je ne peux que progresser !

Une jolie calligraphie sur laquelle je reconnais pleins de mots… mais que je suis incapable de déchiffrer !

14 février – Romances

Chaque pays et chaque langue possèdent leur propre manière d’exprimer leur amour !

Voici les expressions cantonaises pour célébrer l’amour (tirées du bouquin Cantonese101.jpg, de Ah To et Chuk Hak) :

Je recommande, par ailleurs, à tous les amateurs de langue cantonaise l’achat de ce bouquin qui est vraiment chouette !

11 février – Le fruit de l’huile de vache

En chinois traditionnel, avocat (le fruit donc) se traduit littéralement par le fruit de l’huile de vache : 牛油果 (ngau4 yau4 gwo2). Ça n’est pas totalement illogique puisque beurre se dit huile de vache (ngau yau4) en cantonais. Et que l’avocat a la même texture que le beurre.

En mandarin, par contre, cela se prononce et se dit tout à fait différemment : 鰐梨, littéralement poire crocodile ! Et se prononce « e li ». Tandis qu’en Malaisie, à Singapour et Taïwan, cela se dit: 酪梨 (le fruit crémeux) et se prononce : luo li !

Le chinois dans toute sa diversité ne cessera jamais de m’étonner.

21 janvier – Le cochon est dans la maison

Il y a un caractère qui me fait souvent rire lorsque je l’écris ou que je le croise et c’est celui-ci : 家.

Il est composé de deux radicaux. La partie supérieure signifie la maison, tandis que la partie inférieure signifie le cochon. En gros, le cochon est dans la maison.

Sauf que ce caractère ne signifie évidemment pas cela. Il ne serait pas très utile sinon. Concrètement il signifie la famille, le groupe, la profession.

On peut l’utiliser par exemple pour dire : les membres de ma famille (ga yan – 家人) ou par exemple les artistes (艺术家).

Mais alors… quel est le rapport avec le cochon dans la maison ? Eh bien, à l’époque, les cochons étaient domestiqués. Et là où il y avait une famille ou une maison, il y avait un cochon. Il faut aussi dire que le cochon a une symbolique très forte en Chine. Ils représentent la prospérité et la chance. Ceci expliquerait donc cela !

15 décembre – faire sauter les calamars

L’expression cantonaise « Faire sauter les calamars » – 炒魷魚 (Caau2 Jau4 Jyu4) a une signification très éloignée de sa signification littérale.

Tout comme lorsqu’on dit « Les carottes sont cuites » en français, ici, nous ne parlons pas de cuisine, ni de délicieux petit plat.

Cette expression est utilisée lorsqu’on se fait virer de son travail.

Il semblerait que l’origine de cette expression vienne du temps où les employés étaient nourris et logés par leur chef et devaient, en cas de renvoi, remballer leurs affaires à toute vitesse. Ils enroulaient alors leurs effets personnels dans leur couverture, faisant penser aux pauvres calamars roulés sur eux même lorsqu’on les cuisait dans un wok.