19 août – La reine des cabinets

Ce soir, je passe aux toilettes d’un mall à Tsim Sha Tsui. Une femme me tient la porte et je réponds mécaniquement : « Mgoi saai »!

Là, les cinq femmes présentes près des lavabos se figent. Elles tournent la tête vers moi. Puis soudain, la cacophonie commence d’un coup !

– Ouh aaah ! Lei sik gong gwun don waa ! Hou lek aa !

S’ensuit une conversation à bâtons rompus. Depuis quand est ce que j’habite ici. Comment se fait il qu’elles arrivent à comprendre mon accent ? Qui m’enseigne le cantonais et tous les combien de temps ? Suis je mariée à un Hongkongais ? D’où est ce que je viens. Quelle est ma langue maternelle, etc. etc.

10 minutes plus tard, elles me laissent enfin utiliser les WCs. Mais je suis désormais la star des cabinets du deuxième étage du Silvercord.

08 avril – Lost in translation in my dreams

Ca y est ! Après trois ans et demi de pratique, j’ai enfin rêvé en cantonais ! C’est pas trop tôt ! Ce n’était rien de transcendant… je parlais de faire du vélo avec une amie… mais je suis très contente car cela signifie que le cantonais a passé les portes de mon subconscient !

Pour l’occasion, je vais vous lister les quelques challenges qu’il m’a fallu relever pour parler cette langue (et ce n’est pas exhaustif… je ne suis de loin pas « fluent » comme on dit en anglais) :

– Premièrement, les tons. Les fameux. Neuf en cantonais qui font que si tu prononces gai si en montant ou en descendant, tu diras marché ou fiente de poulet. Mais bon, à force, ça finit par rentrer et les gens semblent me comprendre !

Les mots au même nombre de syllabes que je mélange : impossible de savoir pourquoi mais j’ai une tendance à me mélanger les pinceaux entre les mots ayant le même nombre de syllabes, même s’ils n’ont pas du tout la même signification (mouh yi sii, mouh maan taai, tou syu gun… pardon, pas de souci, bibliothèque). Ca finit toujours par rentrer mais ça prend plus de temps que prévu.

L’ordre dans la phrase : le cantonais est super logique… les éléments ont des places spécifiques dans la phrase. Par exemple, je vais dire : Je aujourd’hui vais voir mes amis aller manger des dim sum (Ngo gam yaht gin ngo ge pan yau heuih yam tsa). Si, sur le papier, c’est facile… comme pour l’allemand… à l’oral, j’ai du mal à ne pas construire ma phrase comme je le ferais en français.

– Et puis les particules : il y a pleins de petites particules qu’on met après le verbe qui permettent de savoir si l’action est finie, en cours… finie mais inhabituelle ou pas… réalisées mais avec une erreur, toujours en cours, etc. Et j’ai toujours du mal à savoir quand les utiliser. Par exemple : Ngo sik jo bo lo bao signifie : J’ai mangé mon pineapple bun. Tandis que Ngo sik dou bo lo bao, signifierait plutôt (je crois) : J’ai managé pour finir mon pineapple bun… J’ai du mal à comprendre la nuance et du coup c’est difficile à utiliser.

Allez. Ga Yau à moi-même comme on dit ! Ca va bien finir par rentrer !!! Et je ne peux que progresser !

Une jolie calligraphie sur laquelle je reconnais pleins de mots… mais que je suis incapable de déchiffrer !

23 mars – You are so MK !

Hier, je mangeais avec une de mes chères amies quand elle me dit, en me parlant de quelqu’un : Il est sympa, mais il est un peu MK.

J’écarquille les yeux. MK ? Quoi ? Mega Kool ?

Eh bien non. Voici une expression purement hongkongaise !

Le mot MK signifie en réalité Mongkok, ce quartier qui a comme particularité d’être le plus densément peuplé au monde (et d’être mon coin préféré à Hong Kong).

« Lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il est MK, me dit mon amie…, cela signifie qu’il a un style vestimentaire douteux. Il va essayer d’être à la mode mais choisira des vêtements peu chers ou un peu trash: bijoux bling bling, vêtements de fausses marques ou très locaux et cheveux teints de manière peu élegante… C’est l’inverse des gens de Central qui sont super classes et portent de la marque. »

Du côté des filles, prenez des vêtements dorés… du maquillage un peu trop prononcé et peignez les ongles de manière peu élégante. Et voilà. Vous êtes MK !

Il y a même un terme qui se dit MK pop décrivant les chanteurs qui veulent imiter les artistes à la mode mais sans y réussir vraiment.

(Franchement, ils n’ont rien à envier à nos boysbands des années 90…)

Pour terminer la conversation, mon amie m’a alors demandé comment on traduisait ça en français. Racaille ? Kéké ? Je sèche un peu. Si vous avez des idées, c’est volontiers !

14 février – Romances

Chaque pays et chaque langue possèdent leur propre manière d’exprimer leur amour !

Voici les expressions cantonaises pour célébrer l’amour (tirées du bouquin Cantonese101.jpg, de Ah To et Chuk Hak) :

Je recommande, par ailleurs, à tous les amateurs de langue cantonaise l’achat de ce bouquin qui est vraiment chouette !