22 septembre – Appartements à ciel ouvert

Nous passons sous le tunnel qui relie Happy Valley à Wan Chai. La galerie est longue, tout en dédales. Il y fait chaud. Depuis toujours, c’est un endroit où les sans-abris se réfugient. La dernière fois que j’y étais passée quelques matelas épars étaient posés à même le sol… parfois des caddies ou deux trois affaires personnelles. Mais les choses ont changés.

Aujourd’hui, alors que nous nous enfonçons dans les profondeurs, je m’arrête, pétrifiée. Ce sont des appartements qui se trouvent là. Des meubles tels que des armoires, bibliothèques, sofas, de l’électroménager (non branchés évidemment) ou lits délimitent les espaces personnels de chacun. Des draps ont été tendus pour préserver leur intimité. Il y a des plantes vertes, des statues de Dieux, des jouets ou des valises… le tout sur toute la longueur de la galerie. Plus loin, il y a des tentes. Le long de la rigole, des bacs contenant des produits ménagers ont été installés. L’odeur est entêtante. On entend derrière les rideaux tendus, les gens vaquer à leur vie quotidienne. Mais rien ne semble normal.

Ma gorge se serre. C’est un raz de marée qui s’est abattu sur ces gens là…

21 septembre – Pelote de laine

Mon ami Anson me raconte ses péripéties amoureuses et je l’écoute avec une fascination curieuse. Ce soir, alors que nous buvons un café, il me dit avoir rencontré une fille. Qu’il l’aime beaucoup et voudrait sortir avec elle. « Du coup, je lui tricote un chandail… », me dit-il.

J’ouvre grand les yeux. Un chandail? « Eh bien oui, continue-t-il… si je veux lui demander de sortir avec moi, il faut que je lui offre un cadeau. C’est obligatoire ici. Du coup, je lui en fabrique un moi-même. C’est plus personnel. »

Même si je trouve étrange de devoir offrir d’office un cadeau à quelqu’un pour débuter une relation, je trouve le geste absolument adorable.

Mais, je me demande malgré tout ce que l’heureuse élue va faire d’un chandail en laine à Hong Kong en septembre alors qu’il fait 35 degrés dehors.

19 septembre – Cat café

Je me lève samedi matin avec une idée en-tête : j’ai envie de visiter un cat café. Le concept est courant à Hong Kong. Dans les étages d’immeubles se cachent souvent des cafés thématiques : lapins, corgys, caniches ou chats… il est possible d’aller boire un verre en câlinant les mignonnes bébêtes !

Le cat café que nous choisissons se trouve à Tsim Sha Tsui et accueille des chats qui attendent d’être placés. Ainsi, dans un décor feutré, nous pouvons nous asseoir et admirer les félins. Tout est fait pour eux : perchoirs en hauteur, escaliers où se balader, jeux en tous genre… etc. Et ils dorment, sautillent ou jouent selon leurs humeurs.

Personnellement, je m’en donne à cœur joie et je gratouille les oreilles et les joues des félins qui passent près de moi en poussant des petits cris gagas. J’en ressors ragaillardie.

16 septembre – Pass vaccinal pour les petits

Dès la fin du mois, ce sera au tour des enfants de 5 à 11 ans de devoir se faire vacciner, sous peine de ne plus pouvoir entrer dans les lieux publics, types restaurants, cinémas, bibliothèques, centres de sports, églises… ni participer à des activités extrascolaires.

15 septembre – Alarme sous marine

Lundi. Jour férié pour le mid-autumn festival. Il est quinze heures. Nous sommes immergés dans la mer.

Alors que nous barbotons tranquillement, des alarmes retentissent. Elles sont stridentes. « Whouiiiiiiwhouiiiiiwhouiiiii ». Tout le monde se fige et fixe la cabine du mètre nageur. Il sort et dans son micro baragouine des choses en cantonais. Entre les grésillements et l’eau dans mes oreilles, je ne comprends rien.

Soudain, un escadron arrive. Ils sont quatre. Shorts rouges, t-shirt jaunes. Ils courent sur la plage faisant une belle concurrence à David Hasselhof. Ils sortent leurs hauts parleurs et le bruit recommence : « Whouiiiiiwhouiiiiiiwhouiiii », suivi par le même message mystérieux.

Je commence à m’inquiéter. Y aurait il un requin près des côtes, un tsunami en approche, un escadron de méduses urticantes ? Mais la foule reste étrangement calme.

– Qu’est ce qu’il se passe, demandé-je à mon voisin.

– Oh rien… L’homme là bas s’est approché trop près d’un caillou avec son wake-board.

Le calme revient alors… et les sauveteurs reprennent leur poste dans leurs tours de garde.