30 septembre – La danse des Lions

Cet après-midi, je passe rapidement à la boulangerie près de chez moi. Sur le chemin, une nouvelle banque a ouvert. L’entrée du commerce est pleine de ces fleurs, annonçant une nouvelle ouverture, mais surtout au milieu se tiennent deux lions!

Ce ne sont évidemment pas de vrais lions… mais de beaux lions colorés à la chinoise! Les employés de la banque font la queue pour se faire prendre en photos avec les joyeux animaux et moi je m’arrête, fascinée.

Une employée s’approche alors et m’explique très gentiment que pour porter chance au commerce, six lions se sont succédés depuis le matin, dansant… recrachant de la laitue… et amenant les bons augures avec eux et éloignant les mauvais esprits.

Moi, je suis super contente. C’est la première fois que j’en vois en vrai – et ce malgré mes trois ans à Hong Kong. Et la danse du lion, c’est une tradition millénaire.

Sous le costume du lion, deux artistes se cachent, l’un faisant les mouvements de la tête et l’autre celui des pieds. Il fait encore très chaud à Hong Kong et j’admire les danseurs qui s’exécutent, recouverts de tissus, sans ciller…

C’est la magie de Hong Kong. La ville a beau être extrêmement moderne, la tradition nous fait des clins d’oeil au détour de chaque immeuble, ou pour chaque petite célébration!

Et pour les curieux, voilà une vidéo prise pendant le Chinese New Year… de ce à quoi ressemble une danse du lion!

27 septembre – Sik do di!

Hier soir, pour la première fois, j’ai été invitée à manger chez des amis hongkongais. Cela peut sembler surprenant… mais traditionnellement, les gens reçoivent peu chez eux à Hong Kong. Les appartements sont petits. Beaucoup vivent avec leurs parents et grands-parents et — de ce fait — la coutume d’aller au restaurant est beaucoup plus courante… et le Covid n’a en rien aidé à ce sujet. Bref, c’est d’humeur joyeuse que je me suis préparée à aller manger chez les parents de mon amie Season, avec également une autre amie qui s’est jointe à la fête.

Et là, c’est un repas de roi qui m’attendait. La maman de Season, une femme dynamique et très souriante, avait mis les petits plats dans les grands : de la peau de pomelo braisée à la cantonaise, du tofu sauté aux crevettes, des haricots au bœuf, du poisson et un délicieux flan à la viande… de quoi nourrir un régiment !

Moi et mes hôtes, en train de trinquer! Les verres à vin ne sont pas forcément obligatoires pour boire du vin rouge !

Aucun de ces plats ne se trouvant au restaurant, j’étais donc absolument enchantée de pouvoir y goûter. Et tout était véritablement délicieux.

La mère de Season me faisait penser à ma grand-mère : « sik do di… » m’a-t-elle répété en boucle pendant tout le repas (mange plus, mange plus…), avant de nous préparer pour terminer, une soupe aux haricots rouges et aux boulettes au sésame noir. Si je ne suis pas friande des desserts hongkongais, j’ai adoré celui-ci… et je suis rentrée chez moi en roulant!

J’ai été vraiment touchée par la gentillesse de mes hôtes qui m’ont accueilli avec énormément de chaleur, m’ont permis de visiter leur maison, m’ont même donné un petit cours de cuisine expresse et qui ont été extrêmement bienveillants face à mon cantonais balbutiant !

26 septembre – La danse des chevaux

Cet après-midi, nos pas nous mènent jusqu’à un immense parc, proche de chez nous. Il fait très chaud et des basses résonnent dans l’air.

– J’ai l’impression d’aller à un festival, dis-je à Nicolas.

Nous suivons les notes de musique et arrivons sur une immense pelouse occupée par des centaines de femmes divisées en 3 groupes distincts. Le premier groupe danse sur des musiques traditionnelles vêtues de tenues colorées, de perruques noires et de masques effrayants. Le deuxième est constitué de ninja, toutes vêtues de noir qui bougent toutes ensemble. Elles sont impressionnantes. Le troisième regroupe quant à lui un groupe de femmes vêtues de manière colorée, maquillées et chevauchant des chevaux en carton. Elles dansent sans discontinuer sur une musique lancinante.

– C’est pour une fête traditionnelle indonésienne, me souffle une femme souriante.

Je n’en saurai pas plus. L’Indonésie est un vaste pays composé de plus de 11’000 îles, de 270 millions d’habitants… et de 700 langues parlées ! Selon la région, les traditions peuvent donc être très diverses.

C’est beau. Une délicieuse odeur d’encens flotte dans l’air. L’ambiance est à la fête. Elles sont belles, ces femmes, festoyant dans la chaleur de l’après-midi et on flâne entre les groupes, observant les danses et les chorégraphies.

En rentrant à la maison, je cherche sur Internet sans succès. A quoi avons-nous assisté ? Serait ce la danse du kuda kepang? Les danses des masques balinaises ou une tradition pour célébrer l’équinoxe ? Je ne sais pas mais j’ai voyagé avec elles l’espace d’un instant !

25 septembre – L’arbre à vœux de Lam Tsuen

Ce matin, nous partons en direction de Lam Tsuen, un joli village situé dans les Nouveaux Territoires. Le village est célèbre pour son temple et surtout… son arbre à vœux ! Et l’histoire est insolite !

La légende raconte en effet qu’un père anxieux face aux mauvaises notes de son fils alla faire un vœu sous un camphrier situé à côté du temple de Tin Hau. Miraculeusement, son fils se mit à exceller à l’école. Le bouche à oreille fit son office et la foule vint de loin pour faire des vœux sous l’arbre. Pour ce faire, les gens attachaient leurs souhaits, rédigés sur un petit papier, à un caillou, une carotte ou une laitue et les jetaient dans les branches. Plus le souhait s’accrochait haut, plus les chances de réalisation étaient élevées !

Mais les pierres abimèrent l’arbre (ainsi que les fenêtres des maisons environnantes…) et on décida de changer les pierres pour des mandarines ! Toutefois, sous les assauts et les bâtons d’encens, l’arbre mourut. Il fut alors remplacé par un banyan, mais en 2005 il perdit une branche, blessant deux personnes. La municipalité décida donc d’acquérir un arbre artificiel pour éviter les accidents… (pour la modique somme de 30’000 CHF quand même).

L’arbre mesure 11 mètres de haut et les mandarines furent remplacées par des répliques en mousse… rendant la tâche de les lancer le plus haut possible tres difficile !

Pour y pallier, on peut aujourd’hui faire ses vœux sur un papier spécial qu’on suspend alors à un grand panneau en bois. On s’est évidemment pliés à l’exercice et pour tripler mes chances, j’ai même écrit mon vœu en anglais et en chinois et j’ai demandé à Nicolas de le poser tout en haut du panneau ! 😂

24 septembre – Sans plat, sans pain, sans bonne compagnie… – proverbe russe

Lorsque l’on pense au pain, on pense tout d’abord aux Français – les rois de la baguette croustillante et du croissant chaud. Pourtant, ce ne sont pas les seuls à aimer ça… et à créer de multiples recettes à base de farine.

Même si le pain n’est généralement pas associé à l’Asie, les boulangeries sont nombreuses à Hong Kong… et bien différentes de nos boulangeries françaises, suisses ou allemandes. Ici, il n’y a pas de pains croustillants, de croûtes bien dorées ou de pâtes feuilletées… Notre couteau à pain est au chômage technique depuis presque trois ans, puisque la boulange hongkongaise est toute molle, briochée, presque fondante… et les accompagnements tels que le beurre, la confiture ou le Cenovis sont souvent inutiles.

Il est vrai aussi que le pain à Hong Kong, avec l’humidité, ne se conserve pas très bien. Il devient tout mou… et la baguette molle, ce n’est pas vraiment ça. Les pains hongkongais s’adaptent donc au climat.

Bref, ici, les pains sont vendus séparément et font la taille d’une paume de main. Il existe pleins de variétés dont voici une liste non exhaustive :

  • Les Pineapple Bun, qui ressemblent à un ananas, car recouverts d’une petite couche croustillante au sucre
  • Dans la même veine, le Coffee Bun : un pain parfumé au café recouvert d’une couche de sucre – mon préféré, je dois avouer.
  • Mais il y a aussi les brioches au yuk sung, de la viande séchée filandreuse comme du coton… les buns à la saucisse… les buns à l’oignon frais (peu glamour le matin mais délicieux), les tartes aux oeufs, les pains au lait, aux haricots rouges ou les petits pains farcis au porc laqué… et la liste est encore longue.

Bref, elles sont variées et uniques les boulangeries hongkongaises. Il y en a partout et j’aime bien de temps en temps, aller acheter un petit pain que je grignote avec gourmandise pour le petit-déjeuner!