07 février – Le petit marchand de Jade

Au croisement d’une rue, sur une table de fortune, un papy tourne une bille sur une meuleuse pour en faire une perle. Il est concentré. A côté de lui, un petit appareil pour creuser la pierre est posé à côté d’un bol d’eau trouble.

Je m’approche pour observer. Il fabrique des bracelets, des porte-bonheurs, des bagues ou diverses décorations vert pâle ou roses. « C’est de la jade! », me dit il en pointant en souriant le matériau qu’il travaille.

Dans la culture chinoise, la Jade – qu’on appelle 玉 (yù) – a en effet son importance. Elle symbolise la pureté et la longévité… et elle est utilisée partout. Chaque bijouterie aura son petit étal vert dans un coin, aux côtés des bijoux en or vif. C’est très beau et massif et le vert se décline en plusieurs teintes, du vert-eau pâle au vert vif électrique !

Le petit monsieur me sort un moulin à vent, qu’il a réalisé pour le Nouvel An Chinois. « Ca porte-bonheur ! », me dit-il.

L’objet est ciselé, magnifique… Je l’achète et je repars, rassurée ! L’année du Tigre ne peut donc que bien se passer !

01 février – Gung hei fat choy

Gung hei fat choi ! San tai gin hong ! Long ma dzin saan ! Bonne année à tous ! Aujourd’hui, nous entrons dans l’année du Tigre d’eau ! Pour l’occasion, tout est fermé ! Les familles se retrouvent et dégustent de délicieuses spécialités.

Quand mon amie Samantha a appris que je n’avais pas de lo bak go – ce gâteau au radis emblématique du Nouvel An – pour passer le cap, elle sauté dans le métro pour venir m’en apporter. Dans une petite boîte, elle y avait glissé un morceau de lo bak go, un morceau de woo tau go – un cake au taro… et un morceau de yum cake, un gâteau malaisien aux crevettes ! « Comme ça, tu pourras tout goûter! m’a t’elle dit. »

Ce matin, pour le petit déjeuner, je prépare donc ces friandises sensées m’apporter prospérité et bonheur pour cette nouvelle année !

Ces gâteaux préalablement cuits vapeur doivent être légèrement frits avant d’être mangés ! Pour la version sucrée, il faut la tremper dans de l’oeuf avant de la cuire à la poêle !

J’ai trouvé cela tellement adorable ! Et d’une bienveillance extrême envers l’étrangère que je suis !

Je ne sais pas si ces gâteaux m’apporteront la prospérité mais j’espère que je n’oublierai jamais ce geste… et que moi aussi je pourrai un jour offrir un gâteau traditionnel à un étranger dans mon pays pour qu’il fasse de nos fêtes les siennes !

Miam !

27 janvier – Sortez vos lai see !

Le Nouvel An chinois approche. Et il est donc temps de préparer nos petits lai see !

Pour rappel, les lai see, ce sont ces jolies enveloppes rouges que l’on distribue traditionnellement lors du Nouvel An chinois, dans lesquelles on glisse quelques billets.

Et tout est très codifié : les plus âgés en donnent aux plus jeunes, les mariés aux célibataires, les parents donnent aux enfants, parfois les patrons à leurs employés… ou on peut en donner à ceux qui nous rendent des services comme aux gardiens de l’immeuble, à une femme de ménage ou à un vendeur que l’on voit régulièrement.

La somme distribuée répond également à des critères précis. Si on peut donner une petite somme à une connaissance que l’on voit régulièrement mais que l’on connaît peu, on se doit d’être plus généreux avec les proches ou les personnes avec qui on travaille ou que l’on voit quotidiennement.

Pour l’anecdote, depuis que mon ami Ian s’est marié, il se terre à la maison pendant Chinese New Year ! « Ca coûte trop cher d’aller aux fêtes de famille, m’a t’il dit, outré. Tous mes cousins sont célibataires… ». C’est une technique…

Bref, lorsqu’on donne le lai see, on le fait à deux mains… en se courbant un peu… et on doit alors dire une des nombreuses formules pour souhaiter bonne année, telles que Gung Hay Fat Choi, San Tai Gin Hong, Long Ma Dzin San, etc.

Pour véritablement respecter l’étiquette, il faudrait même donner des billets neufs… mais là, pour le coup, c’est compliqué ! Il faut les commander en avance à la banque et comme je ne l’ai pas fait, eh bien c’est trop tard. Tant pis, je faillirai à l’étiquette totale cette année !

26 janvier – Joie borderline

En ce moment, la ville oscille entre joie et psychose.

Chinese new year approche… les décorations sont installées. Hong Kong se pare de rouge, de lanternes, de mandariniers… c’est superbe ! Beaucoup se réjouissent des vacances qui approchent. Ces rares vacances qui devraient être constituées de repas de famille, de distribution de lai see, d’achats de fleurs et de repos, comme chez nous à Noël !

Mais en parallèle, un cluster explose dans un quartier de la ville. Des blocs d’immeubles complets sont en lockdown total. D’autres buildings sont évacués après la découverte de « transmissions verticales » par la tuyauterie. Les gens bossent de la maison. Les enfants ont l’école en ligne et les commerces ferment tous à 18h en grincant des dents. Pour couronner le tout, hier, les parents ont appris dans la presse que les classes en face à face ne pourraient reprendre que lorsque 70% des enfants seraient vaccinés.

Hong Kong oscille donc entre la joie des fêtes et la lassitude face à ces restrictions et face à ce virus qui nous mène la vie dure depuis bien trop longtemps.

01 mars – La chance est parmi nous!

Pour Chinese New Year, Nicolas a reçu un lin gau, un gâteau traditionnel fait à base de farine de riz gluant, que l’on mange pour fêter le Nouvel An. Pas de chance, il l’a oublié un vendredi au bureau et le temps qu’il revienne le lundi, celui-ci était recouvert de moisissures… Dans un réflexe naturel, Nicolas a voulu le jeter à la poubelle, avant qu’il ne se fasse arrêter à grands cris par tous ses collègues ! On ne jette pas un lin gau pourri ! Non, non, non !!! Lire la suite