Le Ching Ming Festival, ou comment les Hongkongais s’occupent de leurs morts

Le Ching Ming Festival (清明節) est célébré aujourd’hui à Hong-Kong, et donc la ville s’offre une petite pause, puisque c’est un jour férié ! Ce festival, apparaissant dans les écrits chinois aux alentours de 500 ans avant Jésus Christ, est un jour où les Hongkongais vont nettoyer la tombe de leurs proches décédés, déposer des offrandes telles que de la nourriture et de l’encens et prendre soin des alentours.

Bon, normalement les Hongkongais sont plutôt superstitieux et ne vont pas se balader dans les cimetières, mais aujourd’hui fait exception à la règle. Durant le festival, un grand nombre de personnes s’y rendent donc, tant et si bien que des bus spéciaux sont prévus pour y amener les gens. Une fois sur place, chacun se rend sur la tombe de ses proches puis brûle des offrandes de papier – soit des figurines en papier de ce dont le défunt pourrait avoir besoin dans l’au-delà. Cela peut aller de la maison en papier, à de faux billets, des voitures, des téléphones portables, des petits frigos, et même des sacs à main faits à base de feuilles…

NB : chers proches ou éventuels futurs descendants, si un jour vous désirez apporter des offrandes sur ma tombe (sait-on jamais), ne m’apportez pas de téléphones portables en papier. Je ne suis pas sûre que cela soit compatible avec ma vision du paradis. Par contre, j’accepte volontiers des cubes de feta, du chocolat aux noisettes et quelques romans policiers nordiques 😉!

Bref, pour ce festival, les gens se rendent au cimetière, qui, à l’instar des cimetières chrétiens et musulmans, se situent en dehors de la ville. Ce sont généralement de grands espaces où des milliers de stèles ou de constructions en arc de cercle, avec une photo du ou des défunts, sont posés les uns à côté des autres, et ceux-ci sont parfois gardés par des chiens – comme sur l’île de Cheung Chau. Aux abords du cimetière, ou sur les tombes, il y a souvent des décorations faites de rouge. Ils sont quasiment toujours construits en escaliers… à même les collines ! Ils ne peuvent pas être construits n’importe comment ou n’importe où, puisqu’ils doivent répondre aux critères du Feng-Shui, ce qui protégerait le propriétaire de la tombe mais également ses descendants, leur assurant la paix, la santé, la chance, etc. Il y a plusieurs règles à respecter pour qu’un cimetière soit Feng-Shui. Les trois principales sont les suivantes : l’eau doit se situer face à la tombe, la montagne à l’arrière, et les plantes luxuriantes autour ! Ce qui explique pourquoi les cimetières sont construits en hauteur.

Mais Hong-Kong étant saturée de toute part, les cimetières connaissent le même problème. Le mètre carré est cher. Il est donc très coûteux de faire enterrer ses proches… De plus, peu de nouveaux cimetières voient le jour. Manque de place, bien sûr, mais aussi, superstition des habitants. Comme j’en avais parlé dans mon article sur la recherche d’appartements, à part nous, peu de gens acceptent de vivre proche d’un cimetière, par peur des fantômes… vu le prix de l’immobilier ici, personne ne veut voir son investissement baisser suite à la construction d’un cimetière dans les parages. Il y a donc liste d’attente pour trouver une place ! D’après un article du Libération, les familles qui ne se résignent pas à la crémation, attendraient quarante-six mois en moyenne pour que leurs morts puissent reposer en paix. C’est long. Pendant ce temps, ils sont « stockés » dans un colombarium où on entasse les cadavres. Et même les cendres posent problème. Les gens sont superstitieux. Vous ne trouverez pas ici les cendres de Grand-Maman sur la cheminée (et puis, personne n’a de cheminée ici 😉). Et une niche où déposer l’urne coûterait jusqu’à 300’000 euros. Ça fait cher l’emplacement quand même.

Il a donc fallu trouver des solutions. Le Libération parle d’entreprises qui transforment les morts en pierres précieuses. Oui oui… (Vous vous imaginez promener vos anciens sur une bague, à votre doigt ?). Il y a même un premier cimetière virtuel qui a été lancé tout début 2018, pour faire face à ce manque de place ! On n’arrête pas le progrès ! Cela me fait un peu penser à l’épisode San Junipero, de Black Mirror !

Pour conclure, voici

8 réflexions au sujet de « Le Ching Ming Festival, ou comment les Hongkongais s’occupent de leurs morts »

  1. Vous aussi vous aimez les romans policiers nordiques ?
    Ils font aussi de très bonnes séries
    T.V.
    Ah voui excusez j’ai oublié de vous remercier pour encore une fois cet excellent reportage 😄

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    • J’adore les polars nordiques. En fait, j’aime les polars en général. Les nordiques, bien sûr. Mais j’ai aussi un petit faible pour les polars français (Bernard Minier, Franck Thilliez, Maxime Chattam, etc.) :-). Là, je viens d’acheter un polar hongkongais. Une nouveauté à découvrir!

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      • Des auteurs qui ne m’ont pas emballés.
        En ce moment je découvre un Cédric SIRE pas mal addict. Jo Nesbø pour les plus nordiques. Dans les français j’ai découver récemment Karine Gibel alors elle c’est qq chose, impossible de lâcher le livre et tout ça sans les inspecteurs de tout poils qui commence à m’agacer un peu.
        Dans les asiatiques j’aime Qui Xiaolong là c’est un inspecteur mais comme son auteur nous parle de la cuisine des habitudes des Tokyotes.
        Et bien d’autres encore mais je ne veux pas prendre tout vôtre temps avec ma longue liste de mes auteurs préférés. À tout soudain et bonne soirée 🌹

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