02 novembre – Du thé, s’il vous plaît !

Au restaurant, le thé est un incontournable. Il est servi d’office et la théière sera remplie à gogo en fonction de votre soif. Quand celle-ci sera vide, il suffira de poser son couvercle légèrement en décalé et les serveurs sauront alors qu’il faudra la remplir. Puis, on tapotera avec deux doigts sur la table pour dire merci.

La coutume est ancienne et date de l’Empereur Qian Long. A cette époque, celui-ci avait pour habitude de voyager incognito, déguisé en simple sujet, afin de mieux connaître la vie de ses citoyens. 

Un jour, il alla manger dans un restaurant avec l’un de ses serviteurs. Quand la tasse de ce dernier fût vide, l’Empereur – se comportant comme un homme ordinaire – lui servit du thé. Très gêné, celui-ci voulut lui montrer sa reconnaissance, mais il ne pouvait pas faire de révérence sans faire sauter la couverture de l’Empereur. Il tapota alors avec deux doigts sur la table pour mimer la courbette.

La coutume est restée et elle est permet également de ne pas interrompre le fil de la conversation lorsqu’on se fait verser du thé !

Bon, dans la vraie vie, il est quand même plus poli de dire un « Mgoi saai » (merci beaucoup)… surtout si vous ne parlez pas à bâtons rompus.

25 octobre – De l’eau pour les Dieux

Au sein de ce petit temple, perdu dans la campagne vers Kam Tin, deux femmes s’agitent. L’une dépose des fruits sur une assiette tandis que l’autre s’approche des autels avec une grande théière. Je les observe, curieuse. Elles se mettent à m’expliquer joyeusement ce qu’elles font, dans un cantonais teinté de quelques mots d’anglais.

Il est temps de donner à boire aux Dieux, me dit la plus âgée qui se plaint au passage de ses douleurs aux genoux. Deux fois par mois, elles viennent nettoyer les lieux et remplacer l’eau dans les tasses posées devant les statues des Divinités. Si les Dieux de ce temple apprécient l’eau fraîche, ceux dans le temple voisin préfèrent le thé chaud. J’ai très envie de demander comment elles savent… mais mon cantonais ne me permet pas de comprendre la réponse. Le mystère reste donc insoluble !

J’admire les tables richement pourvues. Oranges, pommes, pomelos, biscuits aux cacahuètes, noix de cajou et même barquettes de sushis ou soupe miso, les Dieux ne manqueront de rien. Jusqu’au prochain passage de leurs vaillantes gardiennes.

01 septembre – La non-invitation

L’une de mes amies se marie. Pour s’excuser de ne pas m’inviter au mariage – restrictions obliges – elle m’offre un bon pour un gâteau à la pâtisserie du Mandarin Oriental. Je suis à la fois surprise, gênée et flattée. C’est très gentil de sa part.

Puis, je la questionne : est ce courant à Hong Kong ? La réponse est oui : elle doit, en effet, offrir un petit cadeau à toutes les personnes non conviées au mariage pour s’excuser… Et en plus, elle doit glisser dans les invitations pour ceux étant conviés, un lai see… ces petites enveloppes rouges dans lesquelles on glisse de l’argent… et un bon pour un gâteau.

Ca coûte cher de se marier à Hong Kong !

04 mai – De main à main

Le marché de la deuxième main n’a pas de soucis à se faire à Hong Kong. Tout se vend, se revend, se rachète. Donner une deuxième vie à ses objets est monnaie courante.

De manière surprenante, les prêteurs sur gage sont encore très présents et ancrés dans la ville. En parallèle de nombreux magasins spécialisés reprennent appareils photos de 2e main, téléphones, jouets, vêtements, meubles ou matériel audio…

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06 avril – Le Ching Ming Festival

Dans le métro, une dame se balade avec un immense sac en papier, rouge et doré, qui est apparemment rempli de choses. Et ce n’est pas la seule. Les familles se pressent aux abords des temples. Les magasins d’accessoires en papier ne désemplissent pas.

Cela s’explique car ce week-end, c’était le Ching Ming Festival… qui est aussi connu sous le petit surnom du jour du nettoyage des tombes. C’est la Toussaint locale, en somme. Et donc ce dimanche, à Hong Kong, Macao, en Chine, à Taïwan et dans toute l’Asie, les familles se pressaient dans les cimetières pour faire des offrandes et prier tous ensemble.

Pour l’occasion, les familles brûlent des papiers qui représentent de l’argent spirituel, afin de s’assurer que dans l’au-delà, les ancêtres ne manquent de rien. Mais en plus de cet argent virtuel, on peut donner à ses ancêtres tout ce qu’on veut : sacs à mains de luxe, maisons, téléphones portables, voitures, paquets de cigarettes, chiens, et j’en passe. Tout ce que vos aïeux pourraient avoir besoin pour vivre confortablement. Dans les magasins qui vendent ces représentations en papier mâché, on trouve donc de tout. C’est très coloré et j’adore y jeter un œil, toujours surprise qu’un défunt puisse avoir besoin d’un iPhone ou d’une paire de pantoufles Gucci.

Les belles pantoufles Gucci en papier pour papy!

Du coup, aujourd’hui est un jour férié à Hong Kong (pour rattraper le Ching Ming qui tombait un dimanche). Et les bus pour aller dans les cimetières sont pleins à craquer.