12 janvier – Un petit quelque chose de différent

Je salue le garagiste qui officie en bas de chez moi. Il est debout sur le trottoir et porte un pneu en direction d’un véhicule garé juste en face de sa boutique. Il hoche la tête en me voyant, à son habitude, avant d’esquisser un sourire.

Mais un point me turlupine. Aurait il changé de coupe de cheveux ? Se serait il rasé la barbe ? Il y a quelque chose d’inhabituel dans son apparence.

Je continue ma route tout en réfléchissant longuement sans réussir à pointer du doigt le détail en question.

Puis, tout à coup, en entrant dans l’ascenseur, cela me revient. C’est la première fois que je le vois sans masque !

07 décembre – Adolescence

Une mère demande un service à sa fille. Elles parlent cantonais. Pianotant sur son téléphone, la maman ne semble pas à l’aise avec les nouvelles technologies et cherche désespérément quelque chose.

L’adolescente a encore ses rondeurs enfantines. Ses cheveux décolorés retombent devant son visage. Elle regarde sa mère en faisant claquer sa langue. Puis, elle lève les yeux au ciel et lui répond avec un ton ne laissant aucun doute quant à son degré de patience face à sa génitrice.

Sa maman s’emporte. L’adolescente tourne les talons et s’éloigne en secouant la tête.

Peu importe sa génération, ses origines ou le lieu où l’on habite, il y a des étapes de vie qui restent universelles.

30 novembre – La Gentillesse

Je rentre à la maison, les bras chargés de sacs en tous genres. Soudain, une femme me tape sur l’épaule. Elle est jeune, a un air doux.

– Votre lacet est défait.

Je baisse les yeux. Elle a raison. Je déplace un sac sur une hanche mais je galère un peu. Et là, sans rien me demander, elle saisit un de mes paquets.

– Prenez votre temps, me dit elle.

Je rattache ma chaussure, récupère mes affaires et elle file, sans que j’aie même le temps de la remercier. Je la regarde s’éloigner avec sa robe rouge et ses longs cheveux noirs qui caracolent sur sa nuque.

Je crois que j’ai rencontré la Gentillesse.

13 octobre – Le quartier le plus cool

Ce matin, d’après un magazine hautement scientifique, j’apprends que le quartier où je vis est nommé 22e plus cool quartier au monde, sur 51.

Quels sont les critères scientifiques de cette étude… pourquoi 51 et pas 50 ou 100 ? Aucune idée. Mais selon l’article, voici simplement la méthode utilisée : « We polled 20,000 city-dwellers and grilled local experts to rank the greatest places for fun, food, culture and community… » et le résultat est là ! On vit dans un endroit cool, yeah.

Il faut pourtant bien l’admettre, je ne connais rien aux autres quartiers cités : Colonia Americana à Guadalajara, au Mexique,  Cais do Sodré à Lisbonne, Wat Bo Village à Siem Reap au Cambodge (qui sont dans le top 3…), suivis par Cours Julien, à Marseilles au 10e rang, Little India à Singapour au 19e rang ou Ubud à Bali au 49e… (Ils ne citent ni les Avants, ni Blonay… c’est bien surprenant 😅!)

Pour voir la liste, c’est ici : https://www.timeout.com/travel/coolest-neighbourhoods-in-the-world.

Dans les raisons de ce choix, ils expliquent notamment que Wanchai est vibrante – ce qui n’est pas faux – propose de nombreux petits cafés et restaurants… je suis toujours d’accord… mais également de nombreux « art hubs » (là, franchement, je veux bien les adresses…). Ils citent la promenade le long de la mer, le festival des lanternes… et recommandent de visiter la Blue House (ça, c’est vrai…). Puis ils recommandent de visiter les magasins artisanaux à la Lee Tung Avenue (là, à nouveau, je me pose quelques questions… les boutiques de la Lee Tung n’ont rien d’artisanales ni de follement originales…).

Alors qu’on ne se leurre pas. J’adore mon quartier. Il est bigarré et central. Entre son marché hyper traditionnel et sa rue kitsch, ses petits restos, sa proximité avec la nature et son mariage de boutiques locales et de magasins plus internationaux, c’est un endroit où il fait bon vivre.

Cependant, le côté arty et artisanal vanté par l’article ne me convainc pas vraiment.

Mais bon, si cela fait venir le tourisme, tant mieux !

12 octobre – Une boulangerie suisse

En me baladant en tram dans le quartier de North Point, j’aperçois un magasin arborant fièrement le signe de « boulangerie suisse ». Mon coeur ne fait qu’un bond et mes papilles se mettent à saliver en pensant au pain tessinois, aux croissants de Sils, au pain aux graines ou aux délicieuses tresses.

Ni une ni deux, je descends précipitamment du deck supérieur pour sortir au prochain arrêt. Je passe ma carte sur le lecteur… le véhicule s’arrête et je me précipite à l’extérieur.

Quand je pousse les portes de la boulangerie, je ferme les yeux pour humer la bonne odeur. Mais… rien. Je les réouvre et là, la déception est à la hauteur de ma passion pour une bonne tartine de Cenovis. Devant moi : des pineapple buns, des coconut bun, des pains mous et farcis représentatifs de la cuisine hongkongaise.

La passion des Hongkongais pour coller le mot « suisse » à des choses qui n’ont rien à voir avec notre pays a encore frappé !