31 mars – Le motard du quartier

En bas de chez moi, un motard passe ses journées dans le quartier. Il doit avoir la soixantaine… a le crâne rasé et un air très sérieux.

Tous les matins, il s’installe dans une chaise de bureau posée à même le trottoir, habillé tout de cuir. Veste rembourrée et décorée de flammes, pantalons avec protège-tibias intégrés, gants en cuir. Malgré les quelques 25 degrés du jour, il ne faillit pas. Devant lui, une grosse moto est garée. Elle est jaune et ressemble à un modèle japonais (pour ce que je m’y connais). Et à ses pieds, un petit haut-parleur diffuse de la techno chinoise à plein volume.

Étrangement, je ne l’ai jamais vu conduire sa moto. Parfois il s’assied dessus, toujours avec sa musique. Mais peut-être le fait-il à l’heure où tout le monde travaille ou dort ? Le mystère reste entier.

Sans masque, il toise la rue avec fierté. C’est le rebelle de notre quartier !

15 février – Odeurs

J’ai grandi dans une maison au beau milieu d’un petit village de montagne. Nous n’avions pas de voisins que nous pouvions entendre… ou dont nous pouvions sentir les odeurs de cuisine.

Mais je me souviens étant petite, avoir découvert avec merveille la cuisine de mes amis qui étaient Yougoslaves et chez qui j’allais manger (oui, à l’époque, la Yougoslavie existait encore… ça vous donne une idée de mon âge). Ou encore, lorsque j’allais chez les copines qui vivaient en appartements, je humais avec curiosité les fumets qui s’échappaient des appartements voisins alors que midi approchait : la cuisine portugaise, italienne, espagnole ou roumaine ! Tous ces effluves jusqu’alors inconnues et synonymes de voyages.

Aujourd’hui, dans mon immeuble, nos voisins sont majoritairement hongkongais ou chinois. Et je me dis que chaque soir, c’est eux qui doivent voyager en se demandant ce que nous cuisinons ! (Même si on a sacrément dû les traumatiser avec notre raclette du Chinese new year !).

20 janvier – Un quartier humide et puant…

Hier, une copine de notre cours d’impro nous a fait connaître le site Hoodmaps, une carte plutôt rigolote qui référence les quartiers des (grandes) villes du monde selon leurs habitants.

Le quartier est il peuplé de gens en costumes, de riches, de hipsters, de touristes (hors covid je présume), d’étudiants ou de gens normaux?

Puis, elle donne alors des petits surnoms aux quartiers qui sont plutôt rigolos et sans concessions.

Le quartier des piers s’appelle par exemple : le coin des expats ivres sortant de jonques. Sheung Wan s’appelle : Les Français sont partout… tandis que Tsim Sha Tsui s’appelle Copy watches.

Nous, nous habitons dans un quartier au surnom plutôt charmant : humide et puant ! Ce qui en soi est assez vrai avec le marché à proximité ! Ca a eu le mérite de me faire bien rire !

17 décembre – Papier et copies

Ici, cela ne sert à rien de s’encombrer d’une imprimante. Partout en ville se tiennent des print shop qui s’occupent d’imprimer, copier ou scanner les documents que vous souhaitez.

Autour de chez moi, quatre print shop se font donc concurrence. J’ai finalement choisi le mien parce que l’imprimeur est super gentil. A chaque fois que je passe devant sa boutique, il me fait de grands signes de la main et quand j’arrive, il m’accueille avec un grand sourire.

Dans son arrière boutiques, des dizaines de machines impriment des menus, des programmes et des flyers ou scannent des cartes d’identité. Un bric à brac de feuilles, de bloc, de rouleaux est empilé pêle-mêle.

Je lui tends ma clé USB et pour éviter tout souci de communication, je veille toujours à nommer mes fichier selon mes besoins. Sur ma clé, il y a donc : 8X_A4_COLOR_ONESIDE_TEXTE_BLABLA… et 2X_A3_BLACK_WHITE_TWO_SIDES_TEXTES_BLABLA. Il me tend alors un reçu et pour quelques dollars, je repars avec mes copies.

J’aime bien mon petit imprimeur !

25 novembre – Jour de courses

Le mercredi soir, c’est la soirée des courses de chevaux.

Il est 21h30. En me faufilant dans une ruelle entre Tai Hang et Causeway Bay, je passe devant un garage encore illuminé. Des voitures éventrées trônent dans l’arrière salle, aux côtés de jerricans, de chiffons recouverts de crasse et de pneus empilés.

Devant la boutique, le garagiste a installé des tables de fortune et il est là, assis, entouré par sa famille et ses amis. Face à eux, sur une table en métal à roulette, une grande télévision a été tirée à même le trottoir.

En mangeant des nouilles, ils hurlent, s’invectivent, frappent leurs genoux avec leurs paumes. Est-ce Red Brick Glory, Royal Baby ou Wild West Wing qui est en-tête ? Sur l’écran, des colonnes illisibles s’affichent. Qui deviendra millionnaire ce soir ?

Le mercredi soir, c’est le soir des courses. Au stade comme ailleurs.