02 décembre – Suisse? Ouhlala!!!

Hier, je suis allée manger avec mon amie Chrissy. Alors que je passe la commande en cantonais, le serveur est amusé et me demande d’où je viens :

– Ngo hai Seuysi yan. Je suis Suisse, lui dis-je, toujours une petite pointe de chauvinisme dans la voix.

Alors qu’habituellement, les gens poussent des petits cris enthousiastes quand j’annonce ma nationalité (et me parlent ensuite de montagnes, de chocolat et de beaux paysages…), l’homme pousse un cri horrifié.

– La Suiiiiisse. Mais c’est terrible là bas. Il y a énormément de cas de Covid. C’est vraiment très très mauvais…!

Il fait un pas en arrière et le reste du repas, me sert de manière méfiante, du bout des doigts.

30 novembre – Dizaine en Suisse

A partir de ce weekend, si l’on revient en Suisse depuis Hong Kong, nous devons faire dix jours de quarantaine puisqu’un cas du variant Omicron a été découvert chez nous.

C’est quand même assez ironique en sachant que la Suisse a actuellement près de 8’000 cas par jour (si ce n’est plus)… et des mesures plutôt light… tandis que nous avons moins de 10 cas par semaine, tous importés et pris en charge immédiatement dès leur arrivée dans le pays, puisque chaque voyageur doit faire une quarantaine en isolement pendant laquelle il sera testé au moins 8 fois en tout.

J’ai l’impression qu’on est pas sorti de l’auberge…

27 novembre – Aller sans retour

Lorsqu’un voyageur souhaite revenir à Hong Kong, il doit passer obligatoirement par une quarantaine dans un hôtel accrédité par le gouvernement.

Pour les gens en provenance de Suisse, ce sont 21 jours à passer enfermés entre les 4 murs d’une chambre d’hôtel.

Les hôtels accrédités sont au nombre de 40. Tous les trois mois, la liste est mise à jour et les voyageurs doivent donc surveiller cette liste avec minutie et être munis d’une réservation en bonne et dûe forme lors de l’embarquement sous peine de ne pas pouvoir entrer dans l’avion.

Le souci, c’est qu’en ce moment, avec Noël et tout et tout… tous les hôtels de quarantaine sont pleins jusqu’à fin février.

Sur les réseaux sociaux, c’est donc la panique. Certains voient leur vol être déplacé mais leur réservation d’hôtel n’a pas suivi… certains autres, devant rentrer pour une urgence familiale, ne savent pas quand ils pourront revenir – ce qui est compliqué lorsqu’on a un emploi, des enfants scolarisés, etc.

Bref. C’est la débandade… et c’est un peu stressant de se dire que s’il arrivait un malheur, nous pourrions être coincés d’un côté comme de l’autre.

16 octobre – Ambiance sud-américaine

Nous sommes sur une petite terrasse où des hauts parleurs diffusent de la musique sud-américaine. Le restaurant a une carte un peu spéciale : ils servent des cookies et des tacos.

Je sirote un thé glacé, quand derrière nous, un homme arrive. Pour l’occasion, il a coiffé un magnifique Panama. Il sort alors de sa poche un immense cigare qu’il se met à fumer, tout en lisant un roman en chinois.

En temps de Covid, le voyage peut prendre bien des formes. Quelques accessoires et de la musique, des odeurs de grillades, de l’imagination… et nous voilà dans une ruelle à Guadalajara ou à La Havane !

11 octobre – Timing quarantaine

Ce weekend, un avion parti de Londres n’a pas pu atterrir à Hong Kong à cause du typhon. Cela fait la une du journal anglophone de Hong Kong ce matin.

Pour éviter les vents forts, le pilote est allé se poser où il pouvait : soit à Manille, aux Philippines.

En temps normal, ça n’aurait pas été problématique… mais une fois l’avion posé sur le tarmac, on a alors annoncé aux passagers qu’en raison des restrictions liées au Covid, ils ne pouvaient pas débarquer. Les passagers ont donc vu leur séjour aérien passer de 12 à 36 heures… et ont patienté une journée complète dans l’avion à l’arrêt.

Pendant ce temps, le personnel aérien a triplé ses horaires de travail. Ils se sont chargés des passagers mais ont aussi appelé les hôtels de quarantaine des passagers, à Hong Kong pour qu’ils puissent rester deux jours supplémentaires afin que la durée de quarantaine soit réglementaire. Puis, une fois le typhon passé et l’avion arrivé à bon port, les passagers ont pu se dégourdir les jambes quelques heures en passant dans le SAS des tests à l’aéroport avant d’entamer leurs 21 jours de quarantaine obligatoires.

Les voyages en temps de Covid prennent parfois vraiment des airs d’épopées arthuriennes.