11 septembre – Visite nocturne

Lorsque nous poussons la porte de notre logement à Cheung Chau, Nicolas et moi sommes pris à la gorge par une odeur d’humidité plutôt intense. Le genre d’odeur âcre et mouillée très désagréable. En gros, ça pue.

En bons spécialistes de l’assainissement de logement, nous analysons la situation : le problème c’est l’aération. Nous ouvrons donc grand les fenêtres et partons nous promener. Lorsqu’on revient, nous sommes satisfaits. L’odeur est toujours là mais elle est plus légère. Nous fermons la fenêtre et nous mettons au lit.

Tout à coup, alors que je lis tranquillement, une énorme bête me tombe sur le ventre. Je hurle, saute du lit… agite les bras. Cette réaction n’est d’aucune utilité… le monstrueux cafard – gros comme une pièce de 5 CHF – file sur le mur.

Armé d’une tong, Nicolas se met en chasse tandis que – mes compétences de guerrière branchées au maximum – je sautille comme une idiote dans la chambre avec un papier toilette dans la main. Le monstre file sous le matelas. Nous le retournons, mais le cafard se glisse derrière la porte de la salle de bain. Il a d’immenses antennes et se déplace vite. Nicolas le touche une première fois mais la bête se relève et nous fait face, pattes dressées (oui, là, j’exagère un peu, mais on y croit, non?).

Bref, après un combat épique, nous gagnons enfin la bataille mais j’ai du mal à retourner au lit. Et si son petit frère, sa femme et son cousin se cachaient aussi au-dessus de ma tête ? Je m’endors mais mon sommeil reste léger.

Entre l’humidité et les visiteurs nocturnes, mon cœur balance et je comprends donc finalement pourquoi on n’aère pas forcément quand on vit sur une île tropicale.

10 août – L’heure kafkaïenne

Le soir, en rentrant à la maison, la tentation est grande de lever les yeux vers le ciel, de regarder les néons clignotants, les boutiques illuminées et les buildings.

Pourtant, quitter des yeux le trottoir est une erreur de débutant. Dès que la nuit tombe, les cafards se joignent aux badauds et batifolent entre les pieds pressés.

Ils sont généralement gros… de la taille d’une pièce de cinq francs environ, et ils sont vifs. Ils surgissent sans qu’on s’y attende. Et il ne faut surtout pas les écraser… non ! Déjà parce que ça fait un bruit dégoûtant… mais surtout parce que si on écrase une cafarde pleine d’oeufs, ceux ci se colleront sous vos chaussures et écloront dans le confort de votre meuble à chaussures. Une très très mauvaise idée.