12 avril – L’heure du thé, c’est maintenant…

Il n’y a pas d’heure pour yam cha (ou manger des dim sum). Tout moment est idéal : pour commencer la journée avant une randonnée, pour un brunch (tardif ou non), à midi, à 15h ou pour le goûter… et moins courant mais possible aussi, le soir (enfin, quand les restos sont ouverts).

Chaque restaurant de dim sum a ses spécialités et ses particularités mais le fonctionnement reste le même : le menu est souvent affiché sur le set… vous recevez un petit papier et vous cochez vous-même les dim sum qui vous font saliver !

Personnellement, les Dim sum c’est mon péché mignon ! J’adore ! Des xiao long bao, au char siu bao en passant par le lo bak go, les choy sum, les djong ou les haa gao… le choix est un casse-tête !

Pendant le repas, les serveurs viendront remplir les tasses de thé à volonté, histoire de rajouter à mon plaisir !

11 avril – Mais qu’est-ce donc ?

Je marche dans Sham Shui Po, l’oeil aux aguets. Il faut dire que ce quartier recense mille et uns trésors. C’est l’endroit où l’on peut TOUT trouver.

En remontant une rue, je remarque un petit magasin de bric à brac. Devant, dans un seau, se trouvent de superbes bâtons en bambous décorés de dragons. C’est super joli. Je me penche. Les bambous sont creusés de l’intérieur, mais pas jusqu’au bout. Et à leur extrémité il y a un petit trou avec une sorte de petit capuchon qu’on peut enlever ou remettre.

– Monsieur, à quoi ça sert? Demandé-je au vendeur.

L’homme, accroupi dans l’arrière-boutique, me regarde mais ne répond pas. Moi j’insiste.

– Est ce que c’est pour cuisiner ?

Mon esprit s’évade et repense aux plats de riz cuits dans le bambou à Yangshuo. Mais l’homme secoue la tête.

– Ha. Mais c’est alors pour faire de la musique?

Caramba, encore raté. Il s’approche alors du seau pour me montrer. C’est une pipe à… je ne sais quoi… crack, haschich ou même tabac ? Mes compétences linguistiques ne vont pas si loin…

Bon… et bien je trouverai un autre moyen de cuisiner mon riz au bambou.

08 avril – Lost in translation in my dreams

Ca y est ! Après trois ans et demi de pratique, j’ai enfin rêvé en cantonais ! C’est pas trop tôt ! Ce n’était rien de transcendant… je parlais de faire du vélo avec une amie… mais je suis très contente car cela signifie que le cantonais a passé les portes de mon subconscient !

Pour l’occasion, je vais vous lister les quelques challenges qu’il m’a fallu relever pour parler cette langue (et ce n’est pas exhaustif… je ne suis de loin pas « fluent » comme on dit en anglais) :

– Premièrement, les tons. Les fameux. Neuf en cantonais qui font que si tu prononces gai si en montant ou en descendant, tu diras marché ou fiente de poulet. Mais bon, à force, ça finit par rentrer et les gens semblent me comprendre !

Les mots au même nombre de syllabes que je mélange : impossible de savoir pourquoi mais j’ai une tendance à me mélanger les pinceaux entre les mots ayant le même nombre de syllabes, même s’ils n’ont pas du tout la même signification (mouh yi sii, mouh maan taai, tou syu gun… pardon, pas de souci, bibliothèque). Ca finit toujours par rentrer mais ça prend plus de temps que prévu.

L’ordre dans la phrase : le cantonais est super logique… les éléments ont des places spécifiques dans la phrase. Par exemple, je vais dire : Je aujourd’hui vais voir mes amis aller manger des dim sum (Ngo gam yaht gin ngo ge pan yau heuih yam tsa). Si, sur le papier, c’est facile… comme pour l’allemand… à l’oral, j’ai du mal à ne pas construire ma phrase comme je le ferais en français.

– Et puis les particules : il y a pleins de petites particules qu’on met après le verbe qui permettent de savoir si l’action est finie, en cours… finie mais inhabituelle ou pas… réalisées mais avec une erreur, toujours en cours, etc. Et j’ai toujours du mal à savoir quand les utiliser. Par exemple : Ngo sik jo bo lo bao signifie : J’ai mangé mon pineapple bun. Tandis que Ngo sik dou bo lo bao, signifierait plutôt (je crois) : J’ai managé pour finir mon pineapple bun… J’ai du mal à comprendre la nuance et du coup c’est difficile à utiliser.

Allez. Ga Yau à moi-même comme on dit ! Ca va bien finir par rentrer !!! Et je ne peux que progresser !

Une jolie calligraphie sur laquelle je reconnais pleins de mots… mais que je suis incapable de déchiffrer !

07 avril – Surprise et médecine chinoise

Depuis quelques jours, de mystérieux hommes en bleu sillonnent le quartier avec un gros chariot. Et puis, avant-hier en rentrant chez nous, le concierge nous tend un petit cadeau. C’est un paquet blanc qui nous est distribué par le gouvernement.

Il comprend 20 autotests qui nous serviront mi-avril puisque nous devrons tous nous autotester. Il contient également un kit de 20 masques KN95 et deux boîtes de Linghua Qingwen, de la médecine chinoise contre le Covid.

Ledit médicament est un remède plutôt populaire contre la grippe et autrefois contre le SARS. Il aurait été conçu sous la dynastie Han (vers 200 après JC… de quoi avoir eu le temps de tester les effets secondaires) et comprendrait 13 ingrédients tels que le noyau d’abricot, la racine d’isatis, le forsythia pleureur, les fleurs du chèvrefeuille japonais ou encore de l’éphédra…

Pourquoi pas… hein ? Même si prendre un médicament qu’on ne connaît pas est toujours un peu effrayant !

Dans tous les cas, nous voilà donc équipés !

06 avril – Un kilomètre à pied, ça use… ça use !

Hier, c’était un jour férié ! Nous avons donc profité de notre journée libre et du temps superbe pour aller faire une randonnée.

Mon bouquin était formel : la rando que je voulais faire était longue… environ 5h de marche, mais tout à plat au milieu des rizières et sur le bord des plages. On a donc fait le sac à dos… préparé le pique-nique et enfilé les chaussures avant de s’en aller joyeusement.

La rando commençait à Tai O. Buffles au bord de la route, criquets chantants et petits villages bucoliques: c’était parfait.

Dans le premier village, la situation s’est corsée… un groupe de chiens nous ont coursés, dents dehors et grognements à la clé. La panique s’est emparée de moi… on a avancé très vite et j’ai dit à Nico, les jambes tremblantes : « On est obligés de faire cette marche. Je ne remets pas un pied dans ce village! »

Sauf qu’en arrivant à l’intersection menant dans la zone avec rizières, un immense panneau nous précisait qu’il était interdit de trépasser… que si nous mettions un pied sur ces terres, on serait considérés comme des voleurs (rien de moins) et la police pourrait nous arrêter. Bon. Heureusement, ils proposaient une route alternative. En bons citoyens, nous avons donc suivi leurs recommandations.

(J’ai cherché sur Internet ensuite. La région est protégée pour diverses raisons… mais notamment car elle héberge une population de grenouilles endémiques en voie de disparition… au-delà des sanctions policières, je suis contente d’avoir donc respecté les recommandations.)

Bref, les amis… quelle route alternative !

Après s’être mangé un dénivelé de 500 m, à pic au travers la forêt, nous nous sommes retrouvés sur une crête avec une vue à couper le souffle. Sauf que ce n’était là que le début de l’aventure : montées, marches, montées… les plus hauts sommets de Lantau avoisinent les 940 mètres de haut… Je ne sais pas combien de dénivelés on s’est pris dans les dents mais je les ai sentis.

Montées, descentes, montées, descentes… la rando tout à plat que j’avais prévue s’est transformée en rando mega sportive, le tout en plein cagnard! Au total, nous avons marché bien 5-6h… fait 23 kilomètres et 30’000 pas. Mes mollets l’ont senti passer puisqu’ils pensent maintenant faire partie de la famille du béton armé ! Et la cerise sur le gâteau : nous ressemblons à notre drapeau national avec des parties blanches et des parties rouge vif. Nous sommes sublimes.

La dernière section permettant de rejoindre le réservoir de Shek Pik, une partie tout à plat, nous a donné du fil à retordre. J’ai été obligée de chanter à tue-tête du Joe Dassin et du Charles Aznavour sur les 6 kilomètres qu’ils nous restaient à faire pour oublier que j’avais mal au pieds, aux cuisses, aux talons, aux abdos…. et partout ailleurs ! (Je vous assure, c’est une très bonne méthode même si ça n’épargne pas vos oreilles).

Quand je pense à ma copine Loraine qui a fait le Lantau trail en 24 heures (67 kilomètres et 4057m de dénivelé…), je frise d’admiration. Ce que nous avons fait hier n’étaient que les parties 7 et 8 du trajet qu’elle a réalisé !

Bref, c’était beau mais aujourd’hui j’ai mal.