25 novembre – Café Kubrick

Je me faufile pour une séance de travail dans le café Kubrick. Le lieu est calme et spacieux, chose rare en ville. Niché entre le marché au fruits de Yau Ma Tei et la vibrante Shanghaï street, le lieu surprend par son contraste avec l’extérieur.

D’un côté, la librairie avec ses livres en chinois et en anglais. De l’autre, une section dédiée à la musique. Et le long des murs, le café servant boissons, gâteaux et plats divers. Les clients flânent… prennent leur temps. C’est également une chose rare en ville.

Je m’installe sur de longues tables en bois. Une exposition de photo est accrochée au mur. L’ambiance est calme et studieuse et je m’y sens bien.

C’est un lieu à absolument visiter. Une petite parenthèse au cœur de ma Kowloon adorée ! Et l’un de mes lieux de prédilection en ville…

24 octobre – Ha Long, la mystérieuse

Dimanche matin, nous rejoignons la baie d’Ha Long. Longtemps fermée suite au désastre du tourisme de masse, aujourd’hui son accès est régulé. Seules quelques compagnies sont autorisées à naviguer en son sein avec des règles variant selon les directives du gouvernement. Les bouteilles me PET sont interdites à bord, et la natation dans la baie n’est autorisée que dans certains cas. Nous n’y aurons pas droit.

Nous arrivons donc à Ha Long par une ville plutôt artificielle et laide. Là, nous traversons une sorte de gare où l’on nous enregistre avant de nous mener à notre bateau. Nous y passerons deux jours et une nuit… en compagnie d’autres touristes de toutes nationalités.

Notre embarcation sort du port. Les immeubles bâtis à la va vite et l’immense grande roue défigurant la montagne s’effacent peu à peu pour laisser la place à un paysage absolument féerique. Des roches karstiques impressionnantes se dessinent par centaine sur l’horizon. Autour du bateau, des bancs de poissons sautent hors de l’eau. Leurs écailles scintillent sous le soleil. Un peu plus loin, nous aperçevons un colibri qui rase les flots, tandis que d’immenses rapaces frôlent les sommets.

Après un moment, nous arrivons près d’un pic rocheux qui, à l’instar de ses congénères, abrite une sorte de petit port en pierres. Sans cela impossible d’y accéder, les rochers s’élevant à pic vers le ciel. Nous accostons et suivons le guide jusqu’à l’entrée d’une grotte. Celle ci permettait dans le temps aux pêcheurs de venir se réfugier pendant les typhons. Quand je vois les ouvertures dans la paroi, je n’ose imaginer le bruit du vent s’y engouffrant lors de tempêtes.

Après avoir traversé la grotte, nous débarquons sur une petite plage. Le sable est gluant et s’enroule autour de nos pieds comme du sable mouvant. Nous n’avons pas le droit de nous baigner, ordre du gouvernement pour préserver la baie. Nous montons à la place dans des kayaks et naviguons par la force de nos bras jusque vers d’autres pics. La lumière est sublime. Autour de nous, des poissons s’ébattent gaiement. Le guide me raconte les légendes des dragons liées à l’endroit. Nous apercevons au loin une ferme à huîtres… puis nous revenons au bateau. Le soleil se couche, drapant le paysage de couleurs extraordinaires.

Le soir, nous mangeons sur le pont. La température est parfaite… et nous goûtons (entre autre) les fameuses huîtres élevées dans la baie… tout en parlant de ski avec deux Américaines venant du Colorado.

Comme le lendemain nous devons nous lever à 5h30 pour ne pas rater le lever du soleil, nous ne tardons pas trop et allons dormir pour la première fois de notre vie sur un bateau.

17 octobre – Mammouth

Si vous levez le nez sur les vitrines d’antiquités à Mid-Levels ou à Tsim Sha Tsui, vous verrez que les magasins ne font pas les choses à moitié.

Ici, pas de vieux fauteuils en rotin, de gramophones ou des coucous récupérés chez des personnes âgées… non. Les antiquaires de Hong Kong font partie d’une autre catégorie puisque leurs vitrines regorgent notamment de sculptures… en os de mammouths. Ni plus ni moins.

C’est assez impressionnant et j’aime m’arrêter observer les oeuvres finement taillées en me disant que les artistes étaient quand même relativement « couillus » – pardonnez moi l’expression.

Ici, un seul coup de couteau mal placé et ce sont des milliers d’années d’histoire qui partent en poussière.

Quant aux prix… il va falloir en vendre, des livres, pour pouvoir prétendre en ramener un chez moi et le poser sur ma bibliothèque.

10 octobre – Île déserte

Avec deux copines, nous partons explorer une île déserte. L’excursion est mythique et nous prend du temps… nous nous rendons jusqu’à Cheung Chau, puis là je négocie avec le propriétaire d’un sampang pour qu’il nous y dépose et vienne nous rechercher à la fin de la journée ! Le batelier ne parlant pas un mot d’anglais, je sors mon meilleur cantonais… et je gesticule en parallèle avec les mains. Pour valider le tout, je lui montre ce que je veux et j’écris en chinois sur mon téléphone avant de lui planter l’écran devant le nez. Il rit, dodeline de la tête mais je crois que c’est bon. Nous nous sommes compris. Il nous dépose donc sur l’île et viendra nous rechercher à 15h30.

Nous nous baladons, découvrons un ancien camp de réfugiés datant de la guerre du Vietnam, sillonnons les sentiers… entrons dans un temple, apercevons la mue d’un serpent (ce qui ne nous laisse pas vraiment tranquilles…) et finissons sur la plage la plus calme de Hong Kong, où de petits crabes courent de manière rigolote et adorable.

A trois heures trente, nous sommes prêts et attendons le bateau mais rien ne vient. Je ne m’inquiète pas. Mais à trois heures quarante cinq, je me dis que je vais quand même appeler le monsieur. Nous sommes un peu trop loin des côtes pour revenir à la nage… et même si j’ai tous les conseils de Mike Horn – ainsi qu’un couteau suisse – pour survivre sur une île déserte… je ne tiens pas particulièrement à passer la nuit ici. Je pense toujours au serpent… et je ne souhaite pas faire sa connaissance !

J’écris des messages au monsieur mais il ne réagit pas. Je l’appelle donc (et ça me stress beaucoup… téléphoner dans une langue étrangère est la chose la plus difficile au monde). Résultat : il rit au téléphone et je ne comprends rien. Je nous imagine déjà chercher des noix de cocos pour nous abreuver et frotter deux pierres pour faire un feu.

Finalement, il appelle une amie qui parle anglais pour s’occuper de la traduction… et tout s’éclaire ! Il a fait une sieste et s’est endormi trop profondément, nous oubliant en effet sur l’île. Il arrive ! Et comme il ne sait pas lire, tous mes WhatsApp consciencieusement écrits en chinois ainsi que les magnifiques démos que je lui ai faites avec mon téléphone n’ont servis à rien !

1h30 plus tard, le voilà ! Nous embarquons sur sa petite barque en nous sentons aussi vaillants que Robinson Crusoé !

19 septembre – Cat café

Je me lève samedi matin avec une idée en-tête : j’ai envie de visiter un cat café. Le concept est courant à Hong Kong. Dans les étages d’immeubles se cachent souvent des cafés thématiques : lapins, corgys, caniches ou chats… il est possible d’aller boire un verre en câlinant les mignonnes bébêtes !

Le cat café que nous choisissons se trouve à Tsim Sha Tsui et accueille des chats qui attendent d’être placés. Ainsi, dans un décor feutré, nous pouvons nous asseoir et admirer les félins. Tout est fait pour eux : perchoirs en hauteur, escaliers où se balader, jeux en tous genre… etc. Et ils dorment, sautillent ou jouent selon leurs humeurs.

Personnellement, je m’en donne à cœur joie et je gratouille les oreilles et les joues des félins qui passent près de moi en poussant des petits cris gagas. J’en ressors ragaillardie.