Vivre avec un masque #6

Je ne pensais pas faire autant d’articles intitulés Vivre avec un masque… et pourtant, c’est ce qu’on traverse tous ! Voici donc le sixième opus de ma série covidienne !

Depuis quelques temps, je reçois pleins de messages d’Europe me demandant comment ça se passe chez nous. Voici donc un petit récapitulatif de la situation à Hong Kong : que s’est il passé, comment est la situation au jour d’aujourd’hui et sommes-nous confinés ?

Un petit historique

Le premier cas confirmé de coronavirus à Hong Kong a eu lieu le 23 janvier 2020. Aujourd’hui, le 6 avril 2020, soit 77 jours plus tard, nous en comptons 915 – avec seulement quatre morts. Avec le recul, et quand on compare avec les autres pays, c’est peu… et la progression a été lente.

Donc, c’est le 23 janvier que tout a commencé. A l’époque, j’avoue avoir eu de la peine à trouver des infos. A Hong Kong, on vit véritablement dans un endroit où énormément de choses se passent en chinois et on ne savait pas vraiment ce qui nous arrivait. Mais, dans un sursaut de bon sens, j’ai quand même été acheter une boîte de masques à la pharmacie la plus proche.

Le 25 janvier, le gouvernement de Hong Kong a déclaré que l’épidémie virale était une « urgence » – ça n’a pas traîné…. – et a élevé le niveau d’alerte au maximum. Les festivités du Nouvel An Chinois qui avaient lieu autour du 30 ont immédiatement été annulées. Tous les lieux de loisirs (musées, bibliothèques, centres et lieux de sport, Disneyland, Ocean Park, etc.) ont fermé leurs portes, jusqu’à nouvel ordre. Le 28 janvier, le train reliant la Chine à Hong Kong a été suspendu et les vols, ainsi que les bus en provenance de Chine continentale ont été réduits de moitié.

De plus, dès la fin des fériés du Nouvel An Chinois, le gouvernement et la majorité des entreprises ont mis en place du work from home pour tous ceux qui le pouvaient, des tournus pour ceux qui ne le pouvaient pas. Les écoles ont été immédiatement fermées. L’état a été au taquet dès le départ !

D’une seule vague, les Hongkongais se sont passé le mot : tout le monde a décidé de sortir avec un masque. Des files monumentales se sont formées devant les magasins… et on a connu la pénurie des masques et du gel. Heureusement, ma maman a pu m’en envoyer deux boîtes… et j’ai aussi pu trouver une couturière à Hong Kong pour en faire en tissu. Depuis le 30 janvier, nous ne sortons plus sans eux. De plus, les gens sont restés au maximum chez eux… les transports publics se sont vidés. D’eux-mêmes, une grande partie de la population s’est autoconfinée, réduisant les sorties, les rencontres au maximum, travaillant depuis la maison. Une de mes élèves, par exemple, n’est pas sortie de son appartement (à part pour promener son chien), depuis le 30 janvier.

Bref, grâce à ces mesures exceptionnelles et rapides, la propagation a été lente. Au 02 mars, nous n’avions que 100 cas confirmés malgré la proximité avec la Chine et malgré les allées et venues dues au Nouvel An lunaire !

On pensait que ça passerait. Certaines compagnies ont relâché les conditions du work from home… et la vie semblait reprendre gentiment sa normalité.

Puis, dès mars… une deuxième vague.

Aux alentours du quinze mars, la situation a commencé à chauffer en Europe.

Fin janvier, dès le début de la contamination, un grand nombre de personnes a fui Hong Kong, profitant du work from home et de la fermeture des écoles pour se mettre à l’abri en Europe, en Australie ou ailleurs.

Puis, Hong Kong a annoncé qu’avec la situation dégénérant outre-mer, ils mettraient en pratique dès le 25 mars une quarantaine obligatoire (avec bracelet électronique) pour toute personne revenant de l’étranger. Suite à cette nouvelle, une vague de retours précipités a eu lieu… et nombre d’entre eux ne respectèrent pas la quarantaine, certain profitant même de leur retour pour aller faire la tournée des bars et contaminer ainsi de nombreuses personnes.

Le 20 mars, on atteignait donc 256 cas confirmés, la plupart importés. Aujourd’hui, nous en sommes à 915.

Depuis, la situation est complexe. Les contaminations locales continuent. Le gouvernement a depuis décidé de fermer jusqu’à nouvel ordre des salons de karaoké, discothèques, locaux de mahjong, bars, fitness…  Les restaurants peuvent rester ouverts mais une distance de 2 mètres doit être appliquée entre chaque table. Nous n’avons plus le droit de nous rencontrer à plus de 4…

Si la contamination est plutôt lente (touchons du bois), elle progresse toutefois, les gens sont nerveux et nous ne savons pas quand cela se terminera.

Et alors, vous êtes confinés ?

Hé bien techniquement non. Nous ne sommes pas confinés comme en France. Notre situation ressemble plutôt à celle de la Suisse.

Depuis le 30 janvier, nous travaillons à la maison… les écoles sont fermées… nous portons le masque dès que nous nous aventurons à l’extérieur, mes cours de cantonais ont lieu en ligne. Nous sortons peu. Nous voyons peu de monde.

Désormais, il est interdit de rentrer sans masque dans un grand nombre d’endroits. Dès que nous allons à la poste, dans un magasin, dans un café (même pour prendre un café à l’emporter), dans un immeuble, dans un endroit fermé quel qu’il soit, on nous prend immédiatement la température. Souvent, nous devons signer un formulaire où nous devons confirmer ne pas avoir voyagé ni croisé de voyageur les deux semaines précédentes. Chaque guichet, chaque caisse, chaque fin d’escalator est équipé de désinfectant. Il y a des tapis spéciaux pour s’essuyer les pieds dans les halls d’entrées… Les boutons des escalators sont recouverts d’un plastique régulièrement nettoyés !

La vidéo ci-dessous vous montrera en image comment notre quotidien est désormais organisé :

Sincèrement, Hong Kong sait s’y prendre. Mais – comme tout le monde – nous n’en voyons pas le bout.

Cela fait désormais 77 jours que nous vivons au rythme du coronavirus, et si le moral est toujours là (avec des hauts et des bas, on ne va pas se mentir), nous nous réjouissons que cela passe ! Qu’on puisse ressortir… respirer sans masque… ne plus avoir peur à chaque fois que nous prenons le métro ou touchons des boutons d’ascenseur.

De mon côté, j’admire l’efficacité hongkongaise. Dès le tout début, le gouvernement a pris au sérieux la menace et a pris des mesures drastiques. Le peuple quant à lui n’a pas eu besoin de lois restrictives pour décider, tout seul de mettre des masques, d’éviter les grands rassemblements.

Quand je compare à ce que je vois en Europe, j’avoue que mon cœur balance entre l’admiration pour Hong Kong et l’Asie en général, et la stupéfaction quand je lis ce qu’il se passe en Europe et le comportement de certaines personnes…

Bref. A l’heure actuelle, nous sommes tous dans le même bateau. Le weekend de Pâques approche et nous passerons des vacances à redécouvrir le fond de nos armoires, à admirer la vue de nos fenêtres.

Soyons donc tous solidaires et respectons bien les mesures ! Il n’y a qu’ainsi que nous en verrons le bout rapidement !

3 réflexions au sujet de « Vivre avec un masque #6 »

  1. C’est sidérant de voir qu’il faut des mesures officielles pour que les gens obéissent (ou pas…justement! et après critiquent les gouvernements!)
    Nous nous sommes auto confinés dès le 14 mars parce que notre belle-fille est infirmière et nous a mis en garde contre cette « saloperie ». Je crois que les gens n’ont pas bien compris la dangerosité. On pourrait se dire « tant pis pour eux », mais comme tu dis, on est tous solidaires dans cette affaire.
    Je trouve étonnant que la Suisse allemande soit moins touchée…Coronas vs Röstigraben? 🙂
    On croise les doigts pour la suite et je te/vous souhaite plein de courage et de patience…
    Bisous….Ah non, pardon….coude!

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    • Tout à fait d’accord!
      Ici, il y a eu deux vitesses dès le départ : les Hongkongais qui avaient connu le SRAS et ont immédiatement agi en conséquences… et certains étrangers qui se sont baladés longuement sans masques, ont continué à vivre normalement, à se faire des hugs ou la bise.
      Pour la Suisse allemande, je pense que c’est culturel ;-)! Moins de bises. Plus de petits villages. 🙂 Mais cela mériterait une petite étude sociologique!
      Patience à vous! Et si vous avez un jardin, profitez en pour moi.
      J’espère que ta belle-fille va bien… et coude à toute la famille

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  2. Ping : Deux ans à Hong Kong | Deux Suisses à Hong Kong

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