Faire ses courses à Hong Kong

Ce matin, il faut que je fasse mes courses. Pas besoin de me stresser… à 10h, il est fort probable qu’un grand nombre de magasins soient encore fermés. Les commerçants finissent tard et les échoppes ouvrent donc en fin de matinée.

Pour faire ses courses à Hong-Kong, on a plusieurs possibilités : où l’on se rend dans un supermarché classique (Wellcome, Park n’shop, Fusion, City Super, Mark’s & Spencer et j’en passe), ou on va au marché ou dans les petites boutiques spécifiques (boutiques de fruits, boutiques de légumes bio importés de Nouvelle Zélande, boutiques locales mais qui vendent du Nesquick, boutiques en vrac…)! Chacun de ces magasins a ses spécificités propres!

De la tomme du Moléson, dispo directement à Hong-Kong, pour environ 20CHF

Pour ma part, je varie les plaisirs en fonction des besoins. Si je vais super rarement dans les supermarchés d’expat ou de luxes, où l’on peut trouver du Vacherin Mont d’Or, du risotto de la région des Abruzzes, ou de la viande séchée des Grisons… c’est parce que je suis assez attachée à la notion d’acheter local. Notion qu’il est accessoirement très très difficile de respecter ici! Mais j’essaye, je persiste, je fais au mieux. Bref, pour acheter les produits non-frais ou de ménage, je me rends donc au Wellcome ou au Park’n shop de mon quartier. Ceux-ci se trouvent généralement en sous-sol, un peu cachés. La première fois, j’ai un peu galéré à les trouver mais une fois qu’on s’habitue aux logos, on les trouve facilement et il y en a partout dans la ville.

Comme c’est la saison des Durians et que c’est en sous-sol, l’odeur du supermarché est parfois étouffante, voire absolument désagréable. Le Wellcome de mon quartier a moins de produits, mais les allées sont plus larges et j’ai développé une petite affection pour une adorable vendeuse qui y travaille. Comme il est moins fréquenté, je ne me cogne pas systématiquement aux autres personnes, aux cartons, aux caddies. Le Park’n Shop, quant à lui, propose plus de choses… mais c’est un labyrinthe hyper étroit et – pour une raison que j’ignore – il est toujours super plein. Moi qui ai tendance à renverser les choses dans les magasins… c’est toujours un peu le stress quand je m’y rends.

Pour faire mes courses au supermarché, comme ceux-ci sont en sous-sol, je dois préparer mes listes de course et bosser mon vocabulaire en anglais en même temps. Le réseau ne passe pas toujours et je ne peux pas chercher dans le dictionnaire. Je dois donc être très au clair sur la manière dont on traduit : adoucissant, sauge, échalotes ou dentifrice. Maintenant, c’est bon. Je m’y suis faite, mais au début, je me suis souvent trouvée ennuyée. Je suis également obligée de lire les étiquettes attentivement, pour savoir ce que c’est, d’où ça vient, ce qu’il y a dedans et ça prend du temps.

Pour les fruits et les légumes frais, je me rends au Wet Market. En résumé, c’est un marché couvert dans lequel on peut trouver tous les produits frais. L’expérience est dépaysante : entre les étals avec des légumes très exotiques, les stands de viande où on peut acheter toutes les parties de l’animal et où on peut même parfois choisir la poule vivante qu’on désire consommer, le marchand de poissons où s’agitent petites crevettes, maquereau frétillant, coquillages divers et colorés, et les stands de fruits, magnifiques, variants au gré des saisons. Ça sent toutes sortes de choses. C’est coloré et bruyant. J’adore m’y rendre. J’y pratique mon cantonais et surtout, c’est pour moi un excellent moyen de tester des fruits et des légumes dont j’ignorais encore l’existence il y a quelques mois. A la différence du supermarché, où tout est sous plastique, c’est aussi un bon moyen d’acheter ses légumes tous nus, en emmenant son propre cabas.

Pour m’en sortir, j’ai acheté un livre qui est ma bible quotidienne : The chinese wetmarket handbook. Bien documenté, on trouve les noms en chinois de chaque légume, ainsi que son équivalent anglais, une photo, sa saison ainsi que la manière dont il faut le préparer et le manger. C’est super utile! En effet, avant de le trouver, j’ai parfois acheté des légumes avant de me rendre compte qu’ils n’avaient rien à voir avec ceux que j’imaginais acheter – comme un melon amer, que j’ai pris pour une courgette, et que je n’ai pas vraiment su comment préparer.

Et puis, il y a le reste – que j’achète dans certains endroits selon les besoins. Si je boude un peu les magasins en vrac, c’est parce que – si leurs produits n’ont pas d’emballage – ils ont fait des kilomètres avant d’arriver sur les rayonnages. Est-ce qu’acheter du couscous produit en France a un réel impact positif sur l’environnement, puisqu’il a dû être acheminé en bateau? Franchement, je ne sais pas mais dans le doute, j’évite.

Il faut dire que c’est difficile d’acheter local ici. Au wetmarket, les fruits ou légumes provenant des USA, de France, du Japon, ou d’ailleurs sont clairement indiqués. Le reste vient de Chine (où le problème des pesticides se pose… finalement, on est quand même un peu tiraillé). Peu de choses sont produites à Hong-Kong. Faire ses courses est donc une réelle bataille contre des étiquettes qui sont souvent difficiles à déchiffrer, des provenances parfois obscures (comme le sucre Taikoo, que j’imaginais être produit… à Taikoo, mais qui en réalité vient du Brésil, ou la confiture que j’avais trouvée chez Wellcome, avec une étiquette présentant une marque hongkongaise, avant de découvrir une mention en tout petit caractère sur l’étiquette précisant qu’elle venait en fait de Pologne…).

Des initiatives commencent à voir le jour, comme EatFresh, chez qui j’ai déjà passé des commandes, le site Jou Sun, la ferme Dragontail ou le marché du Central ferry pier’s mais ces alternatives demandent soit de se déplacer dans d’autres quartiers, ce qui n’est pas toujours pratique pour ramener les courses, soit de s’organiser en terme de repas à la maison, de quantités (qui sont souvent trop grandes lors de paniers ou de livraisons), ce qui n’est pas toujours pratique. Mais un jour, j’espère y arriver!

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2 réflexions au sujet de « Faire ses courses à Hong Kong »

    • Hello Armalite!
      Alors, une sorte de mix. En toute honnêteté, j’aurais beau prendre 1000 heures de cours de cuisine – si je veux manger de bons Dim Sums qui en vaillent la peine, j’ai meilleur temps d’aller au resto. Ceux-ci sont incroyablement délicieux pour un prix imbattable, et ça m’évite de passer 3h en cuisine pour un résultat discutable.
      Donc pour la cuisine locale, on sort.
      Mais des fois, on aime bien manger à la maison. Alors là, je fais de la cuisine fusion, soit des recettes que je connais avec des ingrédients que je ne connais pas 😉 (c’est parfois expérimental mais en général, je m’en sors bien).
      Par exemple, je peux faire des quiches au pak choi, du risotto aux bok choi ou aux aubergines japonaises, du taro au four!
      Je suis bien plus douée pour cuisiner occidental, en toute franchise!

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